Audacieux le projet de quintette accueilli toutes portes ouvertes à Port Chambly depuis mai 2011. Il évoque l’expression musicale d’une épatante famille. Le pianiste Dean Nookadu, responsable et leader du groupe, a formulé des propositions pour un jeu collectif. Il y a une grande interaction entre les musiciens et aussi une recherche de la phrase musicale absolue (le moment magique qui émeut le public). Le jeu est assez libre. Les « performers » tiennent compte de toutes les formes de musiques actuelles. Pour assister à l’improvisation et la création sur scène, il faut aller à Chambly et constater l’efficacité du quintette.
Les samedis soirs à Port Chambly sur la place du village, le Dean Nookadu Jazz Quintet. Ce sont des Mauriciens connus : Dean Nookadu (piano), Denis Serret (basse), Gérart Ravat (batterie), Nel Bucktowar (saxophone) et Philippe Thomas (trompette). La formation existe depuis 2010 mais évolue régulièrement à Port Chambly. Dean Nookadu nous parle de l’esthétique musicale vers laquelle son quintette est orienté : création, développements rythmiques, mélodie, improvisation, beaucoup de virtuosité bien sûr, mais surtout ce moment magique qui consiste en une recherche de la phrase absolue, de la beauté de la note. « Le projet de quintette a été accueilli de manière favorable par le public mauricien… il y a deux cuivres en harmonie, ça apporte une couleur. Le quintette apporte une rondeur dans l’ensemble avec des possibilités incroyables pour ce qui est des idées… », déclare Dean Nookadu. Il insiste, par ailleurs, sur cette recherche totale et constante au niveau de l’expression musicale. De formation classique, il dit que le classique c’est la connaissance de l’instrument au niveau du jeu et aussi la connaissance du répertoire existant pour tel instrument. Je m’appuie sur cette base, ajoute le musicien. Dans le classique, poursuit Dean Nookadu, on respecte les notes mais il y a aussi une grande ouverture au niveau du phrasé…  on devient le véhicule des idées musicales d’un compositeur, dans l’interprétation. En jazz, nous développons le thème mais on est aussi dans une recherche constante. « On est libre dans l’interprétation, on est dans l’interaction… on déplace certaines choses… on prend des éléments de toutes les formes actuelles… », affirme le pianiste de jazz. Il insiste aussi sur le fait qu’il faut être en contact avec le son, être capable d’entendre en avance ce que l’on veut jouer et le produire. Le Jazz Quintet est un groupe homogène. Les musiciens jouent à l’unisson. Grâce à cet état de concentration, l’interaction entre musiciens est possible : des variations se mettent en place, on prend un thème et on le développe, quelqu’un peut faire une superbe phrase qui est développée avec énergie jusqu’à un point culminant. Dès qu’on improvise, on propose une idée, un air original, une mélodie, les variations s’enchaînent. Dean nous dit qu’il faut aussi chanter chaque note, se diluer en quelque sorte dans le jeu et c’est là que le quintette s’impose et la couleur se développe. Pour ce qui est de l’écoute mutuelle, il nous dit que sa formation joue en fonction de l’acoustique du son qui lui parvient. La réaction du public est très importante. Dans une salle de concert, il y a une ambiance intime, la qualité du son est différente. On est parfois en communion avec le public. Sur une scène ouverte, la magie s’opère quand il y a interaction avec le public. La magie sur scène, nous dit Dean, c’est surtout ce moment musical où le public se sent touché par la beauté de la phrase, de la note, du développement musical. Cela relève du ressenti.