C’est le président de l’ACNOA, lui-même, qui a reconnu les faits. «Les résultats des athlètes africains ont été en deçà des espérances», a notamment expliqué le Général Lassana Palenfo lors de son point de presse vendredi soir au centre des Conférences de Grand Baie à la fin des travaux du séminaire des Secrétaires Généraux de l’instance qu’il préside. Déjà le bilan des médailles ramenées par les athlètes africain des Jeux Olympiques de Londres a chuté. Des 40 médailles des Jeux de Beijing, ce chiffre a passé à 35 en août dernier dans la capitale anglaise. Mais la situation est encore plus catastrophique lorsqu’il est noté que seuls 5 de ces podiums ont été réussis par les bénéficiaires d’une bourse de la Solidarité Olympique. Ils étaient pourtant 121 à Londres.
La Solidarité Olympique, dont le directeur est Père Miro et qui était présent lors de ces deux jours de séminaire, a dressé le bilan catastrophe de l’Afrique vendredi. Il a été indiqué dans la présentation que 49 des 53 CNO d’Afrique ont bénéficié du programme connu sous le nom de ‘Bourse Olympique pour Athlètes’. Un programme qui a touché 251 athlètes de 2009 à 2012. Toutefois, le constat après Londres est le  suivant : sur ces 251 athlètes, seulement 121 ont pu obtenir leurs qualifications olympiques, soit 46 CNO concernés. De ce nombre, que 5 médailles ont été gagnées dont 2 or autant d’argent et 1 de bronze.  Le budget total pour financer ce programme a été de l’ordre de USD 3,6 millions, soit approximativement Rs 108 millions.
34 médailles pour l’Afrique
Pour ce qu’on peut noter par rapport à la qualité et le prix, la Solidarité Olympique n’a pas eu un retour sur l’investissement. D’autant plus que le rapport de Pere Miro fait aussi état d’un investissement de  USD 1.2 million, soit quelque Rs 36 millions, envers 23 équipes africaines et toujours pas de podium à l’arrivée.
Pour revenir sur le bilan général de l’Afrique  aux JO, il est plus que mitigé. Trente-quatre médailles seulement, dont onze en or,  sont tombées dans l’escarcelle africaine. C’est certes mieux qu’à Sydney en 2000 et à Athènes en 2004 mais moins bien qu’aux JO 2008 de Pékin. Si les pays d’Afrique de l’Ouest sont repartis de Londres avec un zéro pointé, l’Afrique du Sud, l’Ethiopie et le Kenya ont été égaux à eux-mêmes.
Le bilan cumulé des délégations africaines qui ont participé aux Jeux olympiques 2012 à Londres montre une certaine inconstance. Il est moins bon qu’aux JO 2008 à Pékin mais très variable d’un pays à un autre.Déception pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.Les délégations venues d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale n’ont pas fait d’étincelles  dans la capitale londonienne avec deux médailles gagnées : l’argent pour le Gabonais Anthony Obame en taekwondo et l’or pour l’Ougandais Stephen Kiprotich en marathon. C’est le pire bilan des deux sous-régions depuis vingt ans ,même s’il s’agit d’une tendance lourde. Depuis 1992, l’Afrique de l’Est (1) a gagné 44 % des médailles africaines, l’Afrique du Nord (2) 21 % et l’Afrique australe (3) 20 %.Le Nigeria, avec 19 médailles remportées entre Barcelone et Pékin, a pourtant habitué ses supporters à mieux. Autre déception, le Cameroun qui n’a pas glané sa traditionnelle médaille d’or après 2000 (football masculin), 2004 et 2008 (Françoise Mbango en triple saut).Le Sénégal et la Côte d’Ivoire pouvaient également croire en la deuxième médaille de leur histoire. Mais les footballeurs sénégalais, éliminés en quarts de finale par le Mexique, et la sprinteuse ivoirienne Murielle Ahouré (100 et 200 mètres), ne sont pas allés au bout de leurs rêves olympiques.Les déceptions?Murielle Ahouré, justement, fait partie des déceptions de ces JO 2012. Elle représentait un réel espoir pour son pays et le continent tout comme la Gabonaise Ruddy Zang-Milama sur 100m, la Botswanaise Amantle Montsho, championne du monde du 400m mais 4e de la finale, et la Nigériane multi-talents, Blessing Okagbare.
Zéro  pointé pour Coventry
Autre déconvenue, la nageuse Kirsty Coventry est repartie de Londres sans aucun podium. Un comble pour la Zimbabwéenne qui avait gagné quatre médailles à Pékin et trois à Athènes.Les révélationsPour autant, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bassin olympique. Il aura été le théâtre des exploits de Chad le Clos. Le Sud-Africain qui a des origines mauriciennes s’est offert le luxe, à 20 ans, de battre Michael Phelps, en finale du 200m papillon. Le Clos s’est également adjugé l’argent sur 100m papillon, derrière Phelps, le meilleur nageur de tous les temps.Taoufik Makhloufi, lui, a créé la sensation sur la piste du Stade olympique.
L’Algérien, médaillé d’or sur 1500 mètres, a connu bien des rebondissements.  Il a été exclu des Jeux pour avoir trotté lors des séries du 800m. La cause : un manque de combativité. Makhloufi a pourtant été réintégré après avoir fourni des certificats médicaux prouvant qu’il était diminué. Il a ensuite dominé la finale dans un climat de suspicion. Comment ne pas parler aussi d’Anthony Obame ? Ce Gabonais de 23 ans, inconnu du grand public, a remporté la toute première breloque de l’histoire de son pays : l’argent en taekwondo alors que l’or était à sa portée.Il faut aussi citer la toute première médaille africaine en escrime, décrochée par l’Egyptien Alaaeldin Abouelkassem en fleuret, et le beau parcours des handballeurs tunisiens, éliminés de justesse par la Croatie en quarts de finale.Les vedettes.Mais la vraie vedette venue de Tunisie s’appelle Oussama Mellouli. Médaillé d’or sur 1500m en 2008, le Tunisien a dû se contenter du bronze à Londres sur la même distance.
La réussite de l’Afrique du Sud
Mellouli s’est ensuite vengé avec l’or sur le 10km, devenant le premier nageur sacré  champion olympique en bassin et en eau libre.David Rudisha, lui, ne s’est aligné que sur une seule course : le 800m en athlétisme. Mais quelle démonstration du Kényan ! Hormis Usain Bolt, personne n’a été aussi impressionnant sur la piste. En finale, Rudisha a écrasé la concurrence et a amélioré son propre record du monde.
Enfin, il faut souligner la réussite de l’Afrique du Sud qui est redevenue la nation africaine la mieux classée pour la première fois depuis Atlanta 1996. Avec six médailles dont trois en or, la délégation sud-africaine a fini à la 24e place.  Même avec ces points positifs, les athlètes africains ont été loin du compte, surtout ceux qui ont obtenu le soutien de la SO pour se qualifier.
Mais selon les informations de Week-End les données ne seront plus les mêmes lorsque la SO commencera à attribuer les nouvelles bourses pour les JO de RIO. Ceux qui ont gagné une médaille à Londres ne seront pas pris en compte dans le listing.  Maurice n’est définitivement pas concernée par cette nouvelle mesure.
Au total pour son programme mondiaux en Afrique, la Solidarité Olympique a injecté la bagatelle  de USD 68, 114, 651 millions. De ce budget, USD 41 millions ont été engloutis dans des aides spéciales et subventions pour les Jeux Olympiques. Alors que USD 25 millions ont été donnés à l’ACNOA pour ses programmes continentaux.
Dans un autre ordre d’idées, il est à noter que la SO a financé quelque 2319 projets indivuels pour 53 CNO et a alloué 222 bourses à 44 CNO . Au chapitre des Jeux continentaux et régionaux, 42 CNO ont bénéficié des aides totales de USD 2,4 millions.  Trois millions de dollars américains ont été aussi alloués pour la formation de 310 activités  des entraîneurs et cela a touché 48 CNO. Les entraîneurs de 51 CNO ont aussi obtenu des bourses (Scholarships) pour un budget total de USD 2,9 millions. Dans cette liste , on retrouve aussi des aides de formation pour les administrateurs à travers les cours MEMOS et NOC Management Initiatives tout comme la promotion des valeurs olympiques.