Cueilli à froid par le mouvement d’humeur des Comoriens, Philippe Hao Thyn Voon, président du Cij, ne veut pas minimiser l’incident qui s’est produit au stade Julius-Bénard hier. Une escalade sans précédent de la tension entre les deux pays, qui voit les Jeux des îles perdre dans la foulée sa saveur si particulière.
Le verbe est amer. Philippe Hao Thyn Voon lui-même n’en revient pas. « Ils ont quitté la cérémonie devant un ministre de la République française ». Pour lui, l’incident ne sera pas clos tant que la situation ne sera pas décantée. « On sentait le problème. On verra avec le préfet ».
Le malaise avait commencé avant les Jeux et a perduré jusqu’à l’ouverture. « Je pense que c’est dû à de l’incompréhension. Depuis ce matin, on a essayé de trouver une solution diplomatique au problème ». Une solution qui est passée par une réunion du Cij écourtée en fin de matinée hier et dont les tenants et aboutissants ont porté sur la question du défilé, mais surtout autour de la non-attribution des visas d’entrée. « On nous a dit que tout était réglé, que d’ici une heure ils prendraient l’avion ».
Mais après le défilé, tout l’accord semble devenu caduc. « Ils n’étaient pas d’accord que Mayotte défile sous le drapeau français ». Le président du Cij s’offusque d’autant plus que l’incident a pris une tournure diplomatique. « Cela dépasse largement le cadre du sport et c’est grave. Il ne faut en aucun cas minimiser ce genre d’incident », martèle-t-il.
Pour l’instant, une seule solution s’impose aux yeux du président du Cij. « Nous allons essayer de nous réunir pour discuter de la question ». Car ce mouvement d’humeur a été un désaveu pour le Conseil, qui se prend là une claque magistrale. « Cet incident nous a mis en mauvaise situation. Nous devons maintenant essayer de sauver les Jeux ».
À chaud Comores
Ibrahim Ben Issa (chef de délégation) : « Il y a des règlements à respecter. Mayotte a défilé devant le drapeau français, alors que les règlements n’ont pas changé. Cela n’a pas été validé par la réunion du Cij. Pour l’instant, on ne participe pas aux Jeux, puisqu’on ne peut pas voir cela. »
Ben Ali (président du Comité olympique comorien) : « Selon la charte des Jeux et les règlements intérieurs, Mayotte devait défiler avec le drapeau des Jeux. Le responsable dans tout cela, c’est l’organisation, car les Jeux sont gérés par la charte des Jeux. Je regrette que nos athlètes aient quitté la cérémonie aussi vite que cela. »