11 finalistes sur 13. Cela faisait un bout de temps qu’on n’avait pas vu autant de judokas mauriciens lors d’une finale des Jeux des îles. Six médailles d’or, six d’argent et deux de bronze, telle est la performance de la sélection mauricienne de judo.

De ces six médailles, trois Rodriguais, Louis Bégué (-66 kg), Christiane Legentil (-52 kg) et Christina Spéville (-78 kg), sont devenus champions de l’océan Indien. Quant à Priscilla Morand (-48 kg) et Rémi Feuillet (-90 kg), ils évoluent en Europe. À noter également la consécration de l’équipe féminine, qui garde son titre.

Le judo mauricien peut à nouveau souffler. Et cela, en grande partie grâce au directeur technique national, Baptiste Leroy, et son assistant, Nicolas Herri. Toutefois, le DTN ne s’attendait pas à une telle prestation de Maurice. « Pour moi, c’est un bilan plus que positif. Je dois dire qu’au départ j’étais assez perplexe, car je pensais que Maurice n’allait décrocher que deux médailles d’or.

En analysant nos adversaires avant les Jeux, je m’étais dit que la tâche aurait été compliquée pour nos judokas face aux Réunionnais, qui ont dominé cette discipline dans l’océan Indien depuis quelques années avec des judokas de renom, comme Mathieu Dafreville ou Léa Fontaine, et Madagascar, qui a beaucoup investi dans la préparation de ses représentants. Au final, nous avons 11 sur 13 Mauriciens qui se sont battus pour la médaille d’or. Cinq titres en individuel et la consécration de l’équipe féminine, je ne peux qu’être satisfait de la performance de nos judokas. »

Ce sont les Rodriguais et les expatriés qui se sont distingués en individuel. Baptiste Leroy explique que pour lui « Priscilla Morand et Rémi Feuillet ont la chance de participer à des compétitions relevées en Europe et c’est sans surprise qu’ils se démarquent. Un judoka ne peut progresser s’il combat à chaque fois la même personne. La compétition est essentielle dans la progression d’un sportif. -Hansley Adonis a combattu Mathieu Dafreville, qui a déjà participé aux Jeux Olympique, Tracy Durhone a quant à elle affronté Léa Fontaine, la championne de France. Donc, autant dire que la tâche a été très difficile. Pour Sarah Sylva, elle perd la finale sur un mauvais arbitrage. »

Il souligne également la progression des Rodriguais qui ont été, selon lui, « mis à l’écart » trop longtemps. Mais le résultat est là, trois Rodriguais ont décroché la moitié de la moisson mauricienne. « Lorsque j’ai pris mon poste en septembre 2018, aucun des Rodriguais, sauf Christiane Legentil, ne faisait partie de la High Level Sport Unit. Suite à mes demandes auprès du ministère, neuf perçoivent désormais une allocation. Les Rodriguais ont été mis à l’écart, mais ils ont continué à s’entraîner avec autant de sérieux. Des entraîneurs comme Eddy André ont mis tous les moyens afin qu’ils progressent. »

Le Français, qui a su bousculer la hiérarchie à Maurice, a trouvé les ingrédients afin que cette discipline puisse à nouveau tirer son épingle du jeu et retrouver petit à petit sa gloire perdue. « À mon arrivée, une hiérarchie s’était installée et ceux qui se croyaient intouchables ne se sont pas attendus aux changements que j’allais opérer. Je ne peux qu’être content de ces Jeux et de la prestation de chacun. Maintenant, espérons que cette discipline pourra continuer son ascension. »

Les médaillés mauriciens
Hommes
Or : Louis Bégué (-66 kg), Rémy Feuillet (-90 kg)
Argent : Hansley Adonis (-100 kg), Sébastien Perrine (+ 100 kg), Danielito Perrine (-73 kg), par équipe
Bronze : Bryan Étienne (-81 kg)

Dames
Or : Priscilla Morand (-48 kg), Christiane Legentil (-52 kg), Christina Speville (-78 kg), par équipe
Argent : Sarah Sylva (-57 kg), Kimberley Jean Pierre (-63 kg), Tracy Durhone (+ 78 kg)
Bronze : Noémie Évenor (-70 kg)