Rendre le judo plus spectaculaire et technique, tels sont les principaux objectifs des modifications apportées par la Fédération internationale de judo (FIJ) pour la période 2013-16 au niveau arbitrage et technique. Dans ce contexte, la FIJ organise un séminaire pour chaque continent. L’Afrique a tenu le sien du 18 au 21 janvier à Marrakech (Maroc).
Joseph Mounawah, directeur technique de la Fédération mauricienne de judo, jiu-jitsu et disciplines associées (FMJJDA), a participé au séminaire regroupant soixante-dix personnes venant de vingt-cinq fédérations. Pour lui, ces modifications sont dans l’intérêt du judo profond, c’est-à-dire qu’elles redonneront sa valeur à la technique et aussi pour garantir des combats offensifs et spectaculaires.
Si auparavant, dit-il, certains judokas se présentaient avec un judo purement défensif et poussaient leurs adversaires à la faute afin de l’emporter par disqualification, il se trouve que les données ont maintenant changé. « Les statistiques ont démontré que des judokas ont remporté des titres mondiaux ou olympiques à travers des pénalités de leurs adversaires, entre autres. La FIJ vient maintenant avec des modifications pour favoriser le judo lui-même, c’est-à-dire les techniques ayant un réel impact au sol, sur le dos », fait-il ressortir.
Si la durée du combat reste de cinq minutes (seniors hommes et dames), en revanche, le Golden Score (en cas d’égalité) a changé. En effet, si auparavant il était limité à trois minutes, dorénavant le Golden Score est à durée illimitée. « Le vainqueur maintenant au Golden Score sera celui qui fera une projection à travers une technique. »
Joseph Mounawah estime que ces modifications auront sans aucun doute un impact sur la méthode de préparation d’un judoka en vue d’une quelconque compétition. « Si la préparation d’un athlète n’a pas été faite correctement, celui-ci risque fort de se faire éliminer très tôt puisque les nouveaux règlements sont pour des combats techniques. Ainsi, même au niveau des repêchages, il ne peut attendre grand-chose s’il n’a pas pu au moins atteindre les quarts de finale. »
En ce qui concerne l’arbitrage, un seul arbitre sur le tatami et un arbitre à la table de contrôle vidéo avec communication radio assisté par un membre de la commission d’arbitrage jugeront les combats. Un système de rotation sera mis en place pour les arbitres. Le jury de la FIJ interviendra uniquement en cas de nécessité.
Toutefois, précise Joseph Mounawah, ce système d’arbitrage n’est applicable que si le support technologique est disponible, au cas contraire, certaines compétitions nationales se feront avec un arbitre et deux assistants.