Médaillé de bronze, il y a deux années de cela lors des Championnats du monde de Serbie, Fabrice Bauluck s’est racheté de la plus belle manière qui soit à la veille de ses 30 ans. C’était vendredi après-midi, lors des Mondiaux de Hongrie où il s’est défait du Brésilien Rafaël Spin en finale des moins de 54 kg. Bravo à ce champion hors pair, mais également à son entourage, l’entraîneur national Judex Jeannot, aussi bien tous les membres de la Fédération mauricienne de Kick-Boxing et des Disciplines Assimilées (FMKBDA), les entraîneurs et les tireurs. Pour Fabrice Bauluck : « Ce n’est pas la victoire d’un homme seulement, mais celle de toute une équipe et aussi de tous ceux qui étaient là avant, et ceux qui ont contribué à faire du kick-boxing, ce qu’il est aujourd’hui » Bravo à tous.
En 2004, Fabrice Bauluck alors âgé de 16 ans à peine, débarquait dans nos bureaux, un samedi matin, accompagné de Niven Ramasubhu, soit la veille de leur départ pour les Championnats du monde juniors. A l’époque tous les espoirs reposaient sur les épaules de Niven Ramasubhu. Mais au retour de cette compétition, c’est le jeune Mahebourgeois qui faisait parlait de lui avec le titre chez les moins de 54 kg. Il récidivait deux ans plus tard avec un nouveau titre avant de passer seniors où il a cumulé plusieurs podiums avant la consécration des Mondiaux de 2013 au Brésil. Deux ans plus tard, il décrochait le bronze. Nullement satisfait de cette performance, Fabrice Bauluck s’était fait la promesse de reprendre ce qu’il avait qualifié, dans ces mêmes colonnes, de « son bien ». C’est désormais chose faite, après sa victoire de vendredi.
Décision payante
Contacté tôt hier matin, l’entraîneur national n’avait pas de mot pour qualifier cette victoire lui qui clamait haut et fort dans ces mêmes colonnes et ce, à maintes reprises, que « celui qui battra Fabrice Bauluck devra être très fort. » C’est désormais chose faite et qui plus est, avec la manière. « C’est phénoménale ce que Fabrice vient d’accomplir. Chapeau champion », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « C’était osé de dire que Fabrice sera champion du monde, mais j’étais convaincu qu’il allait le faire. Mais tout n’a pas été rose cette année. J’ai lui ai d’ailleurs fais part de ma déception par rapport à ses performances avant ces Mondiaux. Nous avons pris la décision de changer sa boxe et cela s’est avérée payante. »
Selon Judex Jeannot, ces Mondiaux ont été assez particulier, dans le sens où il a fallu un grand Fabrice Bauluck pour aller chercher cette médaille d’or. « Le kick-boxing est devenu une discipline très compliquée et c’est devenu désormais très difficile pour décrocher une médaille d’or. » Il a d’ailleurs déclarait que tous les participants à ces Mondiaux de la World Association of Kick-Boxing Organization (WAKO) sont les meilleures mondiaux et que Fabrice Bauluck a dû batailler très dur pour aller chercher cette médaille d’or. Il s’est d’ailleurs imposé de peu lors de son premier combat face au Kazakh Mikhail Ivachenko, alors qu’il perdait nettement après le premier round. « Personnellement, c’est très rare en kick-boxing de pouvoir renverser une telle situation. De part mon expérience, je me disais que c’était terminé. Mais Fabrice Bauluck, de part son expérience et de son abnégation, a au fil des minutes, refait son retard », a-t-il fait remarquer.
Chingiz défait dans les dernières secondes
Face à Ahmadzada Chingiz de l’Azerbaïdjan, le principal adversaire de Fabrice Bauluck de cette catégorie, le combat a été très dur nous a confié Judex Jeannot. « Comme j’avais expliqué dans ces mêmes colonnes, ce boxeur avait changé de catégorie et fait partie de la jeune génération qui a faim de victoire. Il est pétri de talent et l’a démontré face à Fabrice. Il a fallu que Fabrice fasse étalage de son énorme talent pour gagner ce combat, alors qu’à quatre secondes de la fin, c’était Chingiz qui était devant. J’ai crié fort pour lui dire : to derrière ! » C’est grâce à un low kick puissant et intelligent que Fabrice a renversé la situation en sa faveur à…deux secondes de la fin.
Pour ce qui est de la finale, Judex Jeannot a déclaré qu’elle a été toute aussi différente que les deux premiers combats. « Rafaël Spin est un boxeur qui pratique plusieurs styles de boxe. Il a refusé de combattre et il a fallu que Fabrice prenne les initiatives, tout en restant très prudent. C’était une finale très complexe ou par moment, on ne savait plus quoi faire tellement l’adversaire avait décidé de se mettre sur la défensive. Fabrice a boxé intelligemment et a, par moment, dû gérer son avance. Au final, c’est un gros soulagement de le voir remporté ce deuxième titre mondial », a fait remarquer l’entraîneur national.
Pour Judex Jeannot, c’est une très grande victoire pour Fabrice Bauluck, pour la grande famille du kick-boxing et pour l’île Maurice entière. « C’était un pari osé et aujourd’hui nous sommes tous très fiers de la performance de Fabrice. Je remercie tous ceux qui ont cru en nous et en la fédération, notamment nos sponsors Velogic, MCB Consulting, Anahita The Resorts, le ministère de la Jeunesse et des Sports, la presse écrite et toute la grande famille du kick », a-t-il conclu.