C’est l’histoire d’un fidèle croyant qui ne cesse d’implorer son Seigneur pour toucher le gros lot. En vain, et il désespérait autant au point d’en vouloir à son Dieu. Finalement comme Fernandel dans la série Don Camillo, Dieu eut la bonté de lui expliquer ce qui se passait : « Pour gagner, mon fils, tu devrais commencer par acheter des billets. »
Cette histoire maintes fois racontée pose clairement le problème de l’égalité des chances: la chance se mesure-t-elle au résultat ou à la démarche? En d’autres mots: Aide-toi et le ciel t’aidera.
Les gouvernants sont, semble-t-il, persuadés que les émeutes, les grèves, les manifestations n’aient d’autre cause que l’injustice sociale, sans doute créée par les anciens régimes, ou la mondialisation, ou l’ultra libéralisme. Ils s’occupent donc très activement de l’égalité des chances et préparent des mesures notamment de la discrimination positive pour donner à tout le monde les mêmes chances. Il relève que l’égalité des chances est un concept relativement ambigu qui peut mener au meilleur comme au pire.
L’égalité la plus importante entre les hommes relève du fait qu’ils sont des êtres humains qui ont une dignité et une vocation qui les différencient des autres espèces. L’égalité en dignité accompagne l’épanouissement personnel de l’être humain. Cette égalité fondamentale et personnelle prend plus de forme avec l’égalité des droits. Ce qui sépare une société civilisée d’une société de non-droit, c’est que des règles sociales soient établies et respectées pour garantir les droits individuels qui permettent à l’homme de vivre dignement.
Les droits sociaux viendront chambouler et compliquer les choses au XXIe siècle. Aujourd’hui la dignité de l’être humain exige certaines conditions de vie que la société devrait veiller à assurer. La société se devrait d’apporter cet environnement indispensable à  l’épanouissement de l’être humain. Cependant on a oublié trois éléments indéniables. Le premier c’est que ces choses merveilleuses  peuvent être obtenues par l’action humaine elle-même, chacun pouvant se sentir responsable de son éducation, de son travail… Il y a une différence de nature entre les « droits de » et les « droits à ». Le deuxième élément débouche sur l’État Providence. Le troisième élément étant que les individus ont du mal à conserver leurs droits individuels face à un pouvoir politique qui doit leur prodiguer des droits sociaux. Cependant, les droits sociaux finissent souvent par tuer les droits individuels au lieu de les compléter.  On arrive finalement à l’égalité des conditions, à l’égalité des résultats, quelles que soient les actions individuelles, quels que soient les  mérites ou les défauts de chacun. La chance porte un nom nouveau : l’État Providence. L’égalité des chances, c’est l’égalité devant les  bienfaits de la société.
Dans cette logique, l’échec n’est pas admissible, l’inégalité est scandaleuse.
Aujourd’hui l’égalité des chances c’est d’avoir tout ce qu’ont les  autres, c’est d’avoir tout sans rien devoir à personne. Le droit à l’éducation se transforme en échec scolaire : point besoin d’aller à l’école pour vivre. Le droit au travail ouvre droit aux indemnités de chômage. Le droit au logement justifie la dégradation des logements sociaux et le squatting des terres. Le droit à la santé dispense de toute discipline de vie.
Il se pose alors les questions suivantes : où est la nouvelle dignité apportée par cette égalité des chances? Comment la liberté peut-elle exister sans responsabilité?  
Pour que l’ascenseur social fonctionne, il faut que le travail, le talent, le respect des autres, l’honnêteté soient encore des facteurs  d’épanouissement personnel et de promotion sociale. Il serait important de restaurer ces valeurs et voir ainsi renaître l’égalité des chances, la vraie: l’égalité en dignité et en droits naturels.