Pas un jour ne passe sans qu’une, ou plusieurs, information(s) faisant état de la situation du “Law & Order”, qui se dégrade de plus en plus, ne fasse(nt) la une des journaux et des médias. Chaque jour rivalise avec son lot de macabre et d’infortunes diverses. En début de cette présente semaine, ce sont des “bouncers” qui sont revenus sous les feux des projecteurs et, surtout, pas pour les meilleures raisons. Une enquête étant en cours s’agissant de cette affaire, qui s’est déroulée à Grand-Baie aux petites heures du matin en fin de week-end dernier, nous nous garderons bien évidemment de la commenter. Néanmoins, ce que l’on ne peut passer sous silence, c’est cette violence sourde, et souvent extrême, qui caractérise ces dernières années les multiples agressions qui sont commises. Que les victimes soient des femmes ou des hommes, que les agresseurs soient des videurs ou des citoyens lambda pris d’une folie passagère soudaine, et d’une colère noire, l’expression de la violence traduite laisse sans voix, et surtout sème l’effroi et la frayeur. D’où, forcément, la question inévitable : que fait la police ?

Nous sommes arrivés à une situation, à Maurice, en 2019, où des individus s’introduisent dans les cours des citoyens, donc dans des propriétés privées, et se permettent de cueillir leurs fruits à leur nez et à leur barbe, sans que ces personnes ne puissent réagir ! Aux quatre coins de l’île, ces dernières années, de nombreux compatriotes ont été victimes de ce type de situations, où des énergumènes se sont permis d’entrer dans leurs cours, clôturées et protégées, qui plus est en plein jour, pour voler fruits et autres objets. Exemple : durant la récente période de fin d’année, avec l’abondance des letchis dans le pays, ce ne sont pas uniquement les chauves-souris qui se sont repues ! Bon nombre de citoyens ont en effet reçu des “visites surprises”, où ils n’ont pu que constater que leurs récoltes, fruit de leur dur labeur (arrosées régulièrement avec de l’eau de pluie captée en ces périodes de sécheresse aiguë, cultivées soigneusement, nourries avec des engrais qui ne coûtent pas deux sous, protégées contre les maladies moyennant des médicaments achetés à prix d’or…) leur avaient été tout simplement… ravies ! Comme ça, en moins de deux. Ou plutôt par le biais de deux complices qui, au préalable, avaient bien « surveillé » ces fruits dans ces cours, guettant le bon moment quand ces produits seraient juste à point pour être cueillis et, armés de leurs sabres et couteaux, les subtiliser tout bonnement à leurs propriétaires. Qui n’auront, pauvres diables, pas le loisir ni le plaisir d’y goûter et de les partager avec les leurs… Parce que ces profiteurs, qui agissent en toute impunité un peu partout dans l’île, en ont décidé autrement. Des voleurs qui ont, par la suite, été vendre ces fruits qui, à l’origine, n’auront été ni achetés ni cultivés. Pire que la colère, ce sont des sentiments de révolte, d’impuissance et de dégoût qui animent ceux qui ont été victimes de ces vols.

Et l’on peut comprendre que ceux qui ont été témoins de la présence de ces opportunistes dans leurs cours et sur leurs arbres ont préféré rester sans réaction, immobiles, voire de marbre, face à ce qui se déroulait sous leurs yeux, de peur certainement de se faire agresser. Car ces tordus ne prennent pas le risque d’entrer dans les cours privées sans s’armer en conséquence. Donc, risquer de se faire taillader à coups de sabres ou de recevoir des coups de couteau, et s’en sortir avec des points de sutures ou pire, pour sauver longanes, letchis, bananes, avocats, goyaves, fraises, myrtilles et autres, n’en vaut pas la peine.

Au lieu de cela, ils ont été nombreux à préférer couper leurs arbres, à contrecœur, plutôt que de continuer à attirer ces étrangers malveillants dans leurs cours. Envisager d’appeler les policiers à la rescousse aurait été la réaction logique et naturelle. Sauf que, depuis plusieurs années déjà, c’est la même rengaine qui est servie aux habitants des quatre coins de l’île : sous-effectif, manque d’équipements, pas de voitures… Donc, au final : pas de protection !

Le Mauricien vit donc actuellement dans un pays où son salut ne dépend que du son sens de la débrouillardise. Soit il s’emmure, transformant sa résidence en forteresse, munie de caméras de surveillance, de chiens, de fils barbelés et autres astuces qui lui permettront de bénéficier d’un sommeil tranquille. Soit il prend les armes. Ce qui est bien entendu loin d’être la meilleure solution !

Qu’attendre d’une force policière depuis trop longtemps victime d’ingérences politiques ? Où des hauts gradés s’affichent ouvertement à des réceptions et fêtes données par des politiques sans se soucier de la nécessité qu’ils doivent absolument préserver leur neutralité et leur indépendance. Vivement que du bon ordre soit mis dans tout cela afin que le Mauricien puisse retrouver un peu de sérénité.

Husna Ramjanally