ZIBYA ISSACK

Ici à Maurice, nous sommes libres. Libres de porter ce que l’on veut. Libres de s’admirer et de s’imiter parfois même. Pas de tartufferie quant au choix vestimentaire de tout un chacun. Beaucoup de femmes à Maurice sont heureuses, épanouies, indépendantes et n’ont pas besoin de se battre pour s’afficher comme bon leur semble. Si les femmes veulent porter de jolies jupettes, elles sont libres. Si elles veulent se couvrir les cheveux, elles sont tout autant libres d’en faire autant. On admire les belles femmes en sari comme on respecte les femmes qui portent le voile.  Pas de débat stérile puisque c’est le signe d’un choix fait en toute liberté sur le sol de la République. Le vieux discours de « porter le voile = un signe d’oppression et d’abaissement » ne tient plus la route. Le voile est aussi considéré aujourd’hui comme un signe culturel. La tolérance fait partie de la normalité, de l’inconscient collectif même de la population mauricienne.

À Maurice, c’est donc la loi de l’interculturalité qui prime. L’islamophobie quotidienne que subissent les femmes voilées ailleurs dans le monde n’existe fort heureusement pas chez nous. On se côtoie facilement et sans aucune réserve. Ce sentiment aigu d’appartenance à notre île montre que nous avons atteint un niveau supérieur.

Il est cependant triste de constater cet acharnement et cette méfiance envers le choix vestimentaire des femmes dans des pays dits développés ; ces mêmes pays qui sont pourtant de plus en plus marqués par le métissage de cultures. Il semblerait toutefois que ces ‘grands pays’ ont encore à apprendre de notre île, ce petit point ensoleillé de la carte humaine mondiale. Cela revient à dire qu’il s’agit là d’un héritage qu’il faut chérir. Quelle chance que de vivre dans une île qui fait bien la leçon aux ‘grandes nations’ du jour !