Plus de 90,000 personnes se sont déjà faits vacciner, la campagne de vaccination se poursuit dans les cinq hôpitaux régionaux
  • Le Dr Fazil Kodabocus (MoH) : “Les décès liés aux influenza-like diseases sont à déclaration obligatoire selon la loi”
  • La population appelée quand même à prendre ses précautions, vu que les trois virus grippaux sont en circulation

“Aucun décès d’enfant dû à une survenue d’épiglotte ou de toute autre maladie saisonnière associée aux virus grippaux n’a été enregistré ces derniers temps”, rassure le Dr Fazil Kodabocus, responsable au ministère de la Santé de l’unité de lutte contre les maladies transmissibles. Interrogé vendredi, le Dr Kodabocus appelle quand même la population à prendre les précautions d’usage en cette présente période hivernale où sévissent les trois virus grippaux, A (H1N1), A (H3N2) et B, de même que d’autres virus dont le rhinovirus, l’adénovirus et le Respiratory Syncytial Virus.

Tout est parti en milieu de semaine quand une infox diffusée via WhatsApp fait état de l’apparition d’un “dangereux virus” causant des difficultés respiratoires. Il est question “d’epiglottitis” avec, entre autres symptômes, des difficultés à avaler et de la fièvre. “Three cases already in Mauritius and one child passed away”. Dans un enregistrement audio accompagnant le message écrit en anglais, une anonyme s’exprimant en français évoque même le nom du Dr Jagatsingh qui aurait demandé de communiquer la nouvelle à tous les parents “pour les mettre en garde”.

Selon la folle rumeur véhiculée par l’intervenante, ce ne serait “ni l’asthme ni la bronchite”. Elle allègue en poursuivant que le médecin aurait traité trois cas du même genre chez des enfants et qu’elle “croit” qu’il y aurait même eu un des jeunes patients qui en serait décédé. Vite interrogé par la presse dès que cette infox a pris une proportion virale, le Dr (Mme) Radhika Jagatsingh-Beehuspoteea, pédiatre exerçant dans le privé, dément vivement la fausse nouvelle. Encore plus, que l’un de ses petits patients en serait mort.

“J’en ai parlé au médecin et, en sus, le ministère a procédé aux vérifications qui conviennent. Ces derniers temps, il n’y a eu aucun décès d’enfant dû à l’épiglottite ou à toute autre maladie s’y apparentant. Je dois dire que selon les dispositions de la Public Health Act, les influenza-like diseases sont au nombre des maladies à déclaration obligatoire. Dans les cas de décès dus à de telles maladies à déclaration obligatoire, tout médecin du public ou du privé est formellement tenu d’en informer le ministère de la Santé”, précise le Dr Kodabocus.

Maladie ORL (oto-rhino-laryngologique), l’épiglottite, qui est une infection sévère de l’épiglotte, peut rapidement s’aggraver et causer une obstruction respiratoire susceptible d’être fatale, selon le Merck Manual of Medical Information. De nature bactérienne et non virale, cette maladie est généralement causée par la bactérie Hemophilus influenzas de type b. Elle survient le plus souvent chez les enfants âgés de 2 à 5 ans.
“Pas de risque zéro en matière de santé”

Selon le Dr Kodabocus, il peut arriver, de temps à autre, que cette surinfection bactérienne affecte surtout des enfants. Mais il assure qu’il n’y a rien de particulier qui a été enregistré ces derniers temps. Le responsable de l’unité de lutte contre les maladies transmissibles indique qu’il existe un vaccin qui prémunit les jeunes enfants contre cette maladie, même s’il reconnaît qu’”en matière de santé, le risque zéro n’existe pas”.

Le médecin rappelle qu’en matière de troubles respiratoires aigus, il ne faut pas se focaliser sur une seule infection. “Il y en a bien d’autres – rhinite, pharyngite, rhino-pharyngite, sinusite, bronchite, bronchopneumonie “ D’où l’importance de prendre toutes ses précautions en cette période de temps sec et glacial. Le responsable de l’unité de lutte contre les maladies transmissibles rappelle que la meilleure protection demeure la vaccination.

Alors que, dit-il, à ce jour, plus de 90,000 personnes se sont déjà faits vacciner, la campagne de vaccination se poursuit, notamment dans les cinq hôpitaux régionaux. Les personnes à risques — personnes âgées, enfants, femmes enceintes, personnes souffrant de maladies chroniques ou graves, tels l’asthme, le diabète, le VIH/sida, les maladies cardiaques et autres — sont particulièrement invitées à se faire vacciner.

Le médecin conseille aussi à la population une bonne hygiène de vie. S’assurer, chaque nuit, un sommeil réparateur de sept à huit heures; consommer des repas bien équilibrés; éviter le tabac: voilà, entre autres recommandations du Dr Kodabocus pour se prémunir contre la survenue de quelque trouble respiratoire aiguë.

Même si, assure le responsable du ministère de la Santé, le niveau de prévalence de ces troubles se compare, cette année, avec celui de l’an dernier, il est, malgré tout, en hausse d’une semaine à l’autre. Ainsi, alors que 4,307 cas avaient été répertoriés dans les hôpitaux publics durant la semaine du 10 au 16 juin, ce chiffre est passé à 4,473 entre le 17 et le 23 juin.