Dans le Budget 2015-2016 du gouvernement Lepep, présenté par le ministre des Finances d’alors, Vishnu Lutchmeenaraidoo, celui-ci avait déterré la hache de guerre contre le jeu de hasard et une nation qui, selon l’ex-grand argentier, devenait de plus en plus “zougader” en appliquant « a total ban on gambling advertisement (with immediate effect), a total ban on issue of new gaming and betting licenses except for casinos, for a period of 5 years and a total ban on scratch cards also known as “cartes à gratter”».

Alexandre Laridon

À la suite de ces mesures annoncées, qui semblaient clairement frapper une entreprise spécifique, le prix du cours de l’action de celle-ci en bourse n’avait pas tardé à baisser considérablement et la confiance descendue au point le plus bas. Suivant cette fameuse politique de deux poids deux mesures du gouvernement de combattre la “nasion zougader”, les revenus de l’entreprise en question avaient chuté tout en encourant des pertes financières conséquentes sans compter les énormes préjudices subis. Raison pour laquelle elle s’était tournée vers la justice.

Plus de deux ans plus tard, nous voilà avec la venue de PMU qui étend ses activités à Maurice depuis novembre et qui se retrouve aux commandes des paris hippiques avec l’autorisation d’organiser des paris sur les courses françaises sous nos latitudes – sous le couvert d’une scandaleuse interprétation de la GRA Act – grâce à Peerless Ltd qui a obtenu les droits d’organiser les paris sur les courses en France à travers la compagnie Integrity Sports Ltd – le représentant exclusif du PMU Partenaire à Maurice – qui détient les droits concernant tous les paris de cette entité.

Une arrivée qui suscite non seulement colère et incompréhension parmi les opérateurs du Tote, visiblement chauffés à bloc, puisque c’est dans le secret le plus total et des coups de pouce politique, semble-t-il, que ce consortium semble avoir pris les commandes des paris hippiques ; mais qui est accusé de pratique douteuse sur le continent africain selon une enquête exclusive d’Ismael Aidara de Confidentiel Afrique, publiée sur le site d’information Mediapart en juin de cette année. Cette fameuse enquête qui met en lumière « les liaisons scandaleuses et les manœuvres de PMU Partenaire en Afrique » devrait interpeller plus d’un puisqu’il semble que les principaux reproches faits à la pénétration de PMU dans les pays africains se résumaient « à de la spoliation financière, de tentative d’usurpation de monopole, de non-respect de l’égalité des chances de gains en Europe et en Afrique, de trahison des partenaires historiques de PMU et des sociétés de courses, et à des pressions exercées en vue de déstabiliser quelques dirigeants de loterie d’Afrique non conciliants », selon les conclusions du journaliste Ismael Aidara.

Si nous revenons un peu en arrière, en novembre 2014 plus précisément, au moment où l’alliance Lepep – avec le PMSD et le ML comme des partenaires infaillibles à l’époque – présentait leur manifeste électoral, vous vous rappelleriez (peut-être) que cette fameuse alternance dite crédible proposait de débarrasser l’île Maurice de la fraude, de la corruption et du copinage […] avec différentes formes de mafia, tant dans le business que dans l’éducation, la santé, et [surtout] les courses hippiques qui se sont [supposément] installées; d’avoir un pays qui ferait du combat contre la pauvreté un acte sacré tout en protégeant ses citoyens les plus vulnérables…

Humm n’est-ce pas paradoxal tout cela ? Parce qu’en prenant compte du fait que le schéma de ce PMU Partenaire pousse à la participation à une « masse commune » internationale pour les paris hippiques avec comme appât de GROSSES CAGNOTTES comme les Rs 400 millions, que l’on fait miroiter aux parieurs mauriciens, pour le quinté de départ alors qu’elle était commune à environ 70 pays; et que « les enjeux de type masse commune profitent en toute priorité aux joueurs dits ‘professionnels’ qui par leur puissance de mise et les logiciels dont ils disposent déséquilibrent complètement les chances de gains à leur profit », surtout si l’on considère que la capacité de mise d’un joueur africain ou mauricien n’est rien comparé à un joueur européen, l’on se demande si tout ceci ne rendrait pas nos citoyens définitivement plus vulnérables face à ces tentations au lieu de les protéger !

Sachant que l’univers (mafieux) du jeu et certains politiciens entretiennent une bien malsaine connivence, cela ne fait l’ombre d’un doute que cette aubaine profitera non seulement à un certain « businessman » connu du monde des paris hippiques à Maurice et qui aurait soutenu l’Alliance lepep lors des dernières élections générales selon certaines sources – ce qui confirme que cette coalition mentionnée ci-dessus a toujours prospéré – mais surtout à (mais pas que) un « enfant terrible » et tumultueux brut (comme ses diamants) très proche d’un parti politique de l’opposition qui avait “vire mam” après les législatives de 2014 mais qui aurait “retourn lakaz mama” ayant perdu pied et ces repères tel un ébouriffé éberlué. Tout cela grâce à des changements apportés au Finance Bill 2017 avec ses amendements à la GRA Act en particulier au Foreign pool promoter. Gouverner pour le peuple, avec le peuple et dans l’intérêt de toute la nation, disiez-vous ? À réfléchir !