UMAR TIMOL

Sans doute pour parvenir à l’extase de la beauté, il faut interrompre le temps, se dépouiller de tous ses oripeaux, de tous ses masques, cheminer hors de soi, porté par le souffle du désir, vers les frontières de son être, vers les frontières de l’indicible, sans doute faut-il s’exercer à la contemplation car c’est de cette œuvre qu’émane la beauté et quand elle se dévoile, au creux du temps immobile, et qu’elle vous contemple, dans le miroir de vos yeux, il faut s’abandonner à son extase, cette extase qui est le parachèvement de votre destin, de tout destin, s’en imprégner, entièrement, il n’est rien d’autre que sa souveraineté, le monde se dénoue dans la vacuité de ses absences, il n’est que cette extase, ensuite faire le chemin inverse, hors de soi vers soi, le temps désormais délié, rétabli, enfouir ce trésor en soi, pour qu’il s’incarne dans chaque instant, dans la moindre pulsation, dans le moindre tressaillement de l’être, votre être devenu l’extase de sa beauté. Sans doute.