Enregistrant une croissance de 88% en termes d’étudiants depuis son ouverture, l’Open University of Mauritius (OUM) vise maintenant le marché africain. Des centres d’études, qui nécessiteront peu d’investissements, seront bientôt ouverts dans certains pays africains. À ce jour, cette institution tertiaire compte 5 000 étudiants placés dans différentes facultés.

Présentant son plan stratégique 2017-2025 mardi matin à son siège à Réduit, le Dr Kaviraj Sukon explique que des centres d’études s’ouvriront bientôt en Afrique. « Nous voulons être un acteur important en Afrique. Nous pensons ouvrir six centres d’études dans des pays tels le Rwanda et le Kenya », dit-il. Selon lui, ces centres ne nécessiteront pas d’investissements massifs car l’OUM fournira tout le matériel et un secrétariat, qui aura pour tâche d’apporter le soutien et de suivre les étudiants, sera mis en place. « Ce ne sera pas un gros investissement », dit-il. Selon les statistiques, une hausse importante d’étudiants de l’Afrique subsaharienne inscrits aux universités a été notée ces dernières années, d’où la raison pour laquelle l’OUM souhaite se tourner vers ce continent.

Kaviraj Sukon soutient que le nouveau plan stratégique de l’OUM est d’attirer des étudiants locaux, ceux de la région et d’ailleurs. « Nous devons nous préparer pour affronter la nouvelle Higher Education Act et de répondre à la demande du marché à travers des cours pertinents », dit-il. Kaviraj Sukon veut que la vision de transformer Maurice en un“knowledge hub” puisse se faire à travers la participation de l’OUM.

Ce plan stratégique comprend 16 points. Certains, non réalisés dans le premier plan, ont été repris dans le deuxième. Être la meilleure dans l’éducation tertiaire et l’apprentissage à vie, être un système d’assurance de qualité, proposer du matériel d’étude de haut niveau, améliorer l’“online support et le customer care”, avoir un meilleur marketing et une bonne communication… Autant d’objectifs que l’université compte atteindre. Un accent sera aussi mis sur la technologie.

Pour Kaviraj Sukon, la renommée de l’OUM s’est faite à travers sa philosophie d’apporter l’éducation vers l’apprenant et de le soutenir.« Nous nous démarquons des autres car nous permettons à ceux qui travaillent et qui ont des contraintes familiales d’étudier », dit-il, soulignant que l’institution est la seule au niveau local ayant enregistré une hausse au niveau des inscriptions depuis 2014. « Nous aurons environ 5 000 étudiants et nous avons consolidé notre réputation tout comme notre bilan financier », dit-il. Et d’ajouter que l’OUM est certifiée ISO. À travers le nouveau plan stratégique, elle vise 10 000 étudiants, dont 25% seront des étrangers. Dans le but de rehausser les qualifications de ses chargés de cours, l’OUM voudrait que ces derniers soient titulaires d’un doctorat. Une bourse leur est aussi offerte à ce sujet.

Par ailleurs, l’OUM célèbre ses cinq ans d’existence cette année. Les cours de l’institution sont offerts à l’ex-bâtiment de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), à Forest-Side. Des investissements ont été faits pour que des cours puissent être offerts dans un environnement approprié. L’OUM, qui a signé son premier protocole d’accord avec le Botswana College of Distance Learning, a changé de nom l’année dernière pour devenir aujourd’hui l’Open University of Botswana. Selon le directeur général de l’OU, l’université botswanaise achète les matériels éducatifs élaborés par l’OU régulièrement. L’OU a aussi signé des accords avec l’African Council of Distance Education, l’International Council of Distance Education, l’Imperial College, Stockholm University, UNISA et le Royal College of Physicians of Edinburgh.

Lors de cet événement, un magazine souvenir de l’OU a aussi été lancé. À ce jour, l’université a offert 23 bourses d’études, dont 19 aux étudiants africains, deux aux détenus de la prison et deux autres aux meilleurs étudiants du diplôme de premier cycle.

Kaviraj Sukon avance que l’OU a établi un « blended mode of learning »depuis son ouverture. Ceci permet aux étudiants de rencontrer leurs chargés de cours et de former des groupes de discussions. De plus, les étudiants peuvent apprendre en toute indépendance sans être isolés.

De son côté, la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, présente lors de cet événement, souligne qu’une politique sur les ressources de l’éducation à distance est en préparation en ce moment par son ministère. « La demande d’une éducation de qualité en Afrique offre des opportunités à l’OU pour qu’elle puisse développer ses activités », dit-elle. Cette nouvelle politique veut que le contenu des programmes soit accessible à tout le monde. Un expert du Commonwealth of Learning était venu à Maurice pour son élaboration. La ministre soutient également souhaiter que toutes les institutions tertiaires puissent établir leur propre identité. Ce plan stratégique sera revu annuellement et un Implementation Plan a déjà été établi.