Un accord de libre-échange entre Maurice et l’Association Européenne de Libre-Échange (European Free Trade Association) n’est pas pour demain. C’est ce qu’on peut déduire à la lumière de la déclaration conjointe publiée par les deux parties à l’issue de leur récente réunion de travail tenue à l’hôtel Hennessy Park, Ébène.
Lors de cette réunion, la délégation mauricienne a réitéré sa demande pour la conclusion d’un accord de libre-échange avec l’EFTA, requête qui a été tout simplement notée par les représentants de l’EFTA, indique le document rédigé au sujet de la session de travail. « While the FTA negotiations are currently not on the table, the issue will be kept in view for future consideration », peut-on lire dans la « Draft Joint Conclusion ».
Cette deuxième rencontre Maurice-EFTA a été coprésidée par Narainduth Boodhoo, directeur par intérim de la Trade Policy Unit du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international, et Martin Eyjólfsson, ambassadeur de la mission permanente de l’Islande à Genève. La délégation de l’EFTA comprenait quatre officiels alors que celle de Maurice regroupait des représentants de différents ministères, du Board of Investment, d’Enterprise Mauritius, de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry et de la Mauritius Exports Association.
Les participants ont discuté de plusieurs sujets dont les opportunités de coopération en matière de commerce et d’investissement, les secteurs potentiels de coopération incluant l’économie bleue, le seafood, les services financiers, le commerce, le développement du secteur privé ainsi que des modalités pour la mise à exécution des recommandations découlant des travaux à Maurice. Les deux délégations ont pris note des développements économiques qu’ont enregistrés les pays membres de l’EFTA (Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse) et Maurice, surtout de la progression des échanges commerciaux bilatéraux et des investissements. Les données officielles indiquent que la valeur des échanges commerciaux a atteint USD 108 millions en 2015 et que le taux de croissance annuel se situe à 1,5 %. Quant aux investissements directs étrangers en provenance des pays de l’EFTA, ils se montent à environ USD 15 millions.
Maurice avait signé en 2009 une Déclaration Conjointe de Coopération avec l’EFTA, déclaration qui fait provision pour l’institution d’un Comité Conjoint chargé de passer en revue les dossiers de coopération dans les domaines du commerce, de l’investissement et du développement des initiatives du secteur privé. « The Parties agreed that the full potential of existing opportunities has yet to be unlocked. In this regard they would explore avenues to step up trade and investment promotion efforts », souligne la déclaration finale préparée par les deux parties.
La mission de l’EFTA déclare avoir pris note des opportunités d’investissement dans certains secteurs clés à Maurice incluant l’agro-industrie, l’économie bleue et l’aquaculture, les sciences de la vie, les services financiers, les TIC, l’industrie pharmaceutique et le port franc. Il y a eu également un échange d’informations sur les accords commerciaux préférentiels existants à venir avec des pays tiers dont ceux en cours avec l’Union européenne de même que les développements attendus au niveau des instances internationales telles l’Organisation mondiale du commerce.
L’impact du Brexit sur les états de l’EFTA et Maurice a aussi fait l’objet de discussions. L’importance du maintien d’un accès préférentiel au marché du Royaume-Uni a été soulignée. Par ailleurs, les deux délégations ont réitéré leur engagement pour la conclusion des rounds de discussions autour d’un Trade in Services Agreement d’ici fin 2016.