Le Double Taxation Avoidance Agreement (DTAA) entre Maurice et le Nigeria a été signé hier soir entre Xavier-Luc Duval, vice-Premier ministre et ministre des Finances, d’une part, et de l’autre Ngozi Okonjo-Iweala, la ministre nigériane de l’Économie et des Finances. M. Duval a indiqué lors de son intervention que l’Égypte sera le prochain pays du continent africain à signer la DTAA avec Maurice. Il s’est dit prêt à officialiser les discussions entre les deux pays à cet effet.
La ministre nigériane est venue passer 24 heures chez nous dans le but de signer ce traité qui a nécessité 11 années de discussions depuis 2001. Elle est très prise actuellement par les affaires parlementaires pressantes de son pays. Toutefois, elle est accompagnée d’une délégation d’hommes et de femmes d’affaires de son pays, dans le but d’avoir des échanges avec le secteur local du business. Ce qui a pour but, de part et d’autre, de rechercher des possibilités d’échanges.
Citant le récent accord entre Maurice et le Kenya, suivi des négociations entamées avec le Gabon, puis avec le Togo, dont le ministre des Finances était à Maurice au début de cette semaine, M. Duval a souligné la volonté de Maurice de raffermir les liens avec les voisins du continent. Il a évoqué le fait que l’Afrique en général enregistre une croissance de 6 %, alors que l’Europe, comme l’a précisé Mme Okonjo-Iweala, n’atteint que 0,3 %.
« Le Nigeria est un des géants du continent africain : la croissance dans ce pays qui se développe rapidement est de 7 % », a dit M. Duval. Il a annoncé qu’une visite au Nigeria d’une délégation du monde des affaires locale sera programmée pour le début de l’année prochaine.
Rongé pendant plusieurs années par des fléaux sociaux, notamment l’instabilité politique, la corruption et le manque d’infrastructures adéquates, le Nigeria s’est ressaisi en 2008, année durant laquelle ses dirigeants ont lancé des réformes économiques, dont la modernisation du système bancaire. Le pays a fait reculer le taux d’inflation et résolu les problèmes découlant du partage des revenus de l’industrie oléifère. Aujourd’hui, le Nigeria est considéré comme étant un État à revenus moyens, ayant une économie mixte, donc un marché émergent. Il est classé 30e à l’échelle mondiale en termes de GDP. Sur le plan continental, il est classé comme étant la deuxième économie la plus large. Le Nigeria compte une population 170 millions d’habitants, soit le pays le plus populeux de l’Afrique.
Pour la ministre nigériane, son pays peut encore faire mieux qu’actuellement. Son secteur des services est très développé ; alors que l’on hésitait à investir pour développer le secteur de la téléphonie mobile, aujourd’hui, la société qui l’a fait empoche de gros profits, souligne-t-elle. En l’espace de quelques années, l’on est arrivé à compter 80 millions de mobiles dans le pays. « Même notre industrie cinématographique est très développée. Il s’agit d’un secteur qui offre beaucoup d’emplois aux jeunes. Et nos films plaisent aux cinéphiles, m’a-t-on dit », a déclaré la ministre sur une note anecdotique.