Tandis que l’arrivée du nouveau directeur de la MBC annonce des changements, les employés ont une vision claire de ce qu’ils veulent et peuvent faire. Les professionnels espèrent qu’on leur donnera enfin l’espace approprié pour réaliser ce qui est attendu d’une station nationale. Brimées pendant des années de contrôle politique, les compétences et les ambitions ne demandent qu’à s’exprimer pour permettre au pays de franchir le cap et pour que la MBC redore enfin son blason.
Alors que Pritam Parmessur s’installe en tant que directeur, quelques employés racontent les frustrations du passé et dévoilent leurs attentes. Nous publions aussi la correspondance d’un employé qui parle de l’état d’esprit qui prévaut à Moka.
“Nous ne voulons plus travailler sous l’emprise du gouvernement. Nous espérons pouvoir faire enfin notre métier de journaliste, c’est-à-dire informer la population, tout en respectant le code d’éthique du service public. Le vague de changements est réel à la MBC. Il faut que cela dure, car nous ne pouvons plus travailler dans des conditions stressantes”, clame un haut gradé de ce service public. Ce dernier souligne que jusqu’à récemment, “la MBC opérait dans la médiocrité. Nous avions touché le fond”.
Au cours des dernières années, les employés de la chaîne nationale travaillaient sous une direction intempestive, contrôlée par l’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam, à travers l’ancien directeur général, Dan Callikan. Aujourd’hui, ils la dénoncent. Depuis une semaine, plusieurs d’entre eux se font entendre dans le cadre d’une enquête administrative, qui a lieu dans les locaux de la MBC. Manque de méritocratie, mauvaises conditions de travail, recrutements illégaux, entre autres, sont reprochés à la précédente direction. Mais il est aussi question de l’orientation propagandiste donnée au traitement de l’information.
Après neuf ans sous le joug du PTr, des membres du personnel que nous avons interrogés déclarent : “Nous soufflons enfin.” Un air de changement souffle sur les locaux de la chaîne nationale, un mois après l’élection du nouveau gouvernement, qui avait fait du remaniement de la MBC l’une de ses priorités. Comme annoncé dans le manifeste électoral, parmi les douze priorités des trois premiers mois au gouvernement, l’objectif de l’Alliance Lepep est de “réorganiser la MBC pour qu’elle puisse fonctionner comme une vraie radiotélévision publique.” C’est sous la direction de Pritam Parmessur, ancien directeur du Mauritius Institute of Education (MIE), que la MBC se reconstruit. La vision annoncée correspond précisément ce à quoi s’attendent les employés.