« Ma prière ce matin, c’est que Marie donne naissance à une nouvelle manière de vivre à Maurice, que nous cessions de dire des insanités sur les autres communautés. C’est mon voeu le plus cher ». C’est en ces termes que le père Gérard Mongelard a conclu son homélie hier à l’occasion de la messe de l’Assomption, en l’église Immaculée Conception, retransmise en direct à la télé.
Le curé de la paroisse de l’Immaculée Conception a débuté son homélie en constatant à quel point, les nouvelles technologies aidant, il est devenu facile d’envoyer des messages aujourd’hui, notamment via SMS et Facebook. Parmi les nombreux messages qu’il a lui même reçus, lui souhaitant une joyeuse fête de l’Assomption, devait-il raconter, beaucoup n’ont pas manqué de lui dire : « Monper, demin pou pas dan televizyon, pa bliye… » (NdlR : les récents dérapages sur Facebook et dans l’éditorial d’un quotidien).
À cela, le père Mongelard a dit estimer que ce n’était « pas le lieu pour parler de ce problème interculturel ». Il a dit préférer axer son discours sur le thème de la mère, si rattaché à Marie. « Zordi, nou koz lor mama ! » Tout au long de son homélie, toutefois, le prêtre aura pris de court les fidèles de même que les spectateurs qui le suivaient à la télé. Tout en parlant de Marie, il a, avec subtilité, délivré un message à double sens pour finalement aborder la question de propos sectaires et inviter à la paix sociale.
Gérard Mongelard a ainsi mis en avant que « nous avons tous une mère en la personne de Marie. Cette mère, elle est pour nous tous », soulignant en passant que celle-ci « ne fait pas de distinction ». Le prêtre mettra également en relief la valeur du silence et l’importance de bien peser la portée de ses mots. « Marie, li ena enn silans. Li ekout bokou avan li ouver so labous. Elle médite sur les événements douloureux et les difficultés. Mais, jamais ne vient-elle dire n’importe quoi ». Quand Marie parle, poursuit le prêtre, elle dit « mon âme exulte le Seigneur ». « Elle dit sa joie, sa reconnaissance parce que Dieu l’a choisie pour être la maman de Jésus et pour être notre maman ».
Le curé de la paroisse de l’Immaculée Conception a par ailleurs rappelé que Marie a été présente lors des grandes naissances de l’histoire de l’Église. Ainsi que l’ange l’avait annoncé, Marie donnera naissance à Jésus. Ensuite, au moment de l’agonie de Jésus sur la croix, Marie est présente, « debout dans la dignité ». Chaque être humain « a une dignité humaine qui doit être respectée », soutient encore le père Mongelard. Ajoutant que Marie « nous donne naissance à une nouvelle vie ». Marie, rappelle encore le prêtre, est présente à la naissance de l’Église, lors de la Pentecôte, lorsque les apôtres avaient peur.
Et de conclure ainsi : « Ma prière, ce matin, c’est que Marie, qui a donné naissance à Jésus et à l’Église, donne naissance à une nouvelle manière de vivre à Maurice. Que nous cessions de dire des insanités sur les autres communautés. C’est là ma prière ce matin. Que Marie nous aide à une nouvelle naissance. Chaque habitant sur cette terre mérite sa place, peu importe sa couleur etc. » Reprenant les paroles de la chanson Marie, chemin qui mène vers lui, le père Mongelard a ajouté que ce chemin ne nous mène pas vers la division mais bien vers la tendresse et Jésus.
Auparavant, il devait indiquer que les Évangiles ne parlent pas de la fête de l’Assomption puisque ce n’est qu’en 1950 que le pape Pie XII a déclaré le dogme de l’Assomption, comme un élément de foi. « Marie monte avec son corps et son âme vers son fils. Au moment de la dormition, Marie ne peut ne pas rejoindre son fils Jésus ressuscité ». La célébration de l’Assomption est une tradition de l’Église depuis des siècles qui reconnaît que Marie a été présente dans tous les moments de salut.
La messe, hier, a vu la participation des pères de la paroisse, Adrien Wiehe et Serge Ah Kong qui célébraient respectivement leur 57e et 54e anniversaire de sacerdoce. Quatre autres prêtres du diocèse catholique célébraient aussi leur anniversaire sacerdotal : les pères Michel Boullé et Jean-Claude Desjardins (57 ans de sacerdoce), Georges Piat (46 ans de sacerdoce) et Roger Cerveaux (32 ans de sacerdoce).