La Plateforme Anti-Metro (PAM) n’est toujours pas convaincue des explications fournies par le gouvernement lors du lancement du projet Metro Express lundi. Son porte-parole, Jayen Chellum, remet en question la somme de Rs 18,8 milliards concernant le coût du projet. Selon lui, le Metro Express, qui s’apparente plus au tram qu’au métro, coûtera au-delà de Rs 40 milliards. Ce qui le pousse à dire que le gouvernement ne joue pas franc jeu et qu’il est en train d’hypothéquer l’avenir des jeunes en s’endettant massivement pour un tel projet.
« Comment se fait-il que lors de la conférence on a parlé de Rs 18,8 milliards, alors que la veille, dans un reportage de la MBC, sur le congrès du ML, Nando Bodha a parlé de Rs 30 à 40 milliards ? » C’est la question que se pose Jayen Chellum, évoquant un « bluff massif » à ce sujet.
Il relève également que le projet a été comparé à celui d’Édimbourg, où c’est un tram qui est en service. « Là-bas, le projet avait commencé avec 375 million de livres sterling et s’est terminé avec 775 milliards de livres sterling. Qui plus est, là-bas, le projet est sur 14 km, alors qu’ici, nous prévoyons 27,6 km. »
Citant Besançon, autre exemple avancé par le gouvernement, Jayen Chellum souligne que « là-bas, le projet avait démarré avec 280 millions d’Euros et s’est terminé avec 433 millions d’Euros. La distance était de 12 km. Dans les deux cas, on a vu que le coût a doublé. C’est pour cela que nous maintenons que le projet coûtera plus de Rs 40 milliards. Qui plus est, à Besançon, ils avaient déjà les rails en place et n’avaient pas à faire l’acquisition des terres non plus. »
Pour Jayen Chellum, le pays ayant le projet le plus proche de Maurice est la Serbie. « Toutefois, ils ont un budget national de USD 17,5 milliards, alors que celui de Maurice est de USD 3,3 milliards. Nous sommes en train de faire des recherches sur les pays qui ont fait ce genre de projet avec le même budget. C’est clair que le Metro Express va faire exploser la caisse publique. On est en train d’hypothéquer l’avenir des jeunes Mauriciens. »
Prenant en considération ces réalités, Jayen Chellum déduit que « le gouvernement est en train de cacher la vérité. » Il invite ainsi à rendre public tous les accords avec l’Inde. Il se pose également des questions sur l’étude menée par Singapore Cooperation Enterprise et se demande si ces consultants ont eu le temps de bien faire leur travail. Selon lui, « l’empressement du gouvernement n’a pas permis une analyse en profondeur du projet. D’ailleurs, le body language de George Chung lors de la conférence en disait long. »
Il questionne également le rapport réalisé par DCDM auprès des usagers potentiels. Il s’interroge sur le type de questions posées. « Est-ce que c’est le genre de questions où l’interviewé donne les réponses que l’intervieweur attend de lui ? Qui a rédigé les questions, DCDM ou le gouvernement ? Si c’est DCDM, alors ce n’est pas professionnel. Si c’est le gouvernement, DCDM doit le dire ouvertement. »