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Rien de finalisé sur le calendrier des travaux dans cette zone, a laissé entendre la mairesse de Quatre-Bornes hier lors de la réunion du conseil municipal

La municipalité de Quatre-Bornes est toujours dans le flou quant au calendrier des travaux prévus dans la région de Saint-Jean dans le cadre du projet Metro Express. C’est ce qui est ressorti hier lors de la réunion du conseil municipal, où la question a été soulevée par la conseillère de la Ward 1, Myrella Sevathiane-Dansant. Cette dernière a en effet interpellé la mairesse, Soolekha Raddhoa, sur les rencontres qui devaient avoir lieu entre les représentants de la municipalité et ceux des départements impliqués par le projet.

Selon la conseillère Sevathiane-Dansant, « les citadins commencent à soulever des interrogations en voyant les barrages placés pour le démarrage des travaux préliminaires, mais les conseillers n’ont pas de réponses à fournir ». La mairesse devait indiquer que les directives du gouvernement central sont toujours attendues à ce stade. « Nous attendons toujours un rendez-vous avec la compagnie Metro Express Ltd ainsi qu’avec le ministère des Infrastructures publiques. Les directives du ministre Bodha également », a avancé Soolekha Raddhoa.

Nos recoupements d’informations tendent à démontrer un blocus administratif dans l’entame des travaux de la phase 2. On apprend ainsi que les autorités tardent à activer les préliminaires, et ce malgré le fait que le ministère du Logement et des Terres ait complété l’exercice d’identification des propriétés qui seront « compulsorily acquired » en raison des empiétements dans le sillage du tracé du métro. On laisse ainsi entendre que « rien de final n’a été décidé à ce stade ».

Cette phase est perçue comme étant sensible, voire même une “Hot Political Potato”, en cette fin de mandat du gouvernement MSM-ML, les trois députés de l’opposition de la circonscription No 18 (Belle-Rose/Quatre-Bornes) veillant en effet aux déroulements des travaux. « Le tracé du métro longera la route Saint-Jean dans les deux sens. Nous avons à la fois les commerces mais aussi des résidences sur cette voie. Nos locaux sont aussi concernés, vu que le métro passera devant la cour de la municipalité de Quatre-Bornes. Mais il y a aussi le projet d’Urban Terminal à prendre en considération », a déclaré la mairesse lors de la réunion d’hier.

Selon nos informations, quoi qu’on tente de relativiser la situation avec les habituels « tou dan lord », des études encourues auprès des citadins et sur le terrain dans cette région auraient eu des résultats négatifs, voire suscité une opposition féroce des commerces quant à l’avènement du projet de métro. Il y aurait à la fois des appréhensions et des inquiétudes exprimées par les habitants aux autorités de manière formelle.

Les informations recueillies font aussi apparaître qu’il y aurait plus d’une centaine d’empiétements de terrain recensés lors d’un exercice conduit par les autorités. De même, la promenade Gérard Bruneau disparaîtra pour faire place aux voies du métro. Pour l’heure, les Indiens de Larsen & Toubro auraient déjà identifié plus d’une centaine d’aires de stationnement sur la route Saint-Jean qui devraient être complètement rasées lors de la phase préliminaire des travaux, notamment en ce qui concerne les fouilles pour les réseaux d’utilités publiques. D’ailleurs, le cahier des charges a déjà été soumis à Metro Express Ltd, incluant un plan pour le trafic routier et les diversions sur les points stratégiques de Quatre-Bornes.

On avance aussi que les propriétaires de terrains et d’espaces commerciaux exigeraient de fortes sommes d’argent en termes de compensation. Entre-temps, les travaux préliminaires entre Rose-Hill et Quatre-Bornes se poursuivent. Une campagne de sensibilisation a aussi démarré auprès des habitants par Larsen & Toubro.

Du côté de l’hôtel du gouvernement, on veut à tout prix éviter une situation semblable à celle de La Butte, lors des travaux à Port-Louis. Surtout que la situation risque de prendre une tournure politique dans le contexte de la campagne électorale. Certains seraient ainsi d’avis qu’on devrait éviter de créer une cacophonie préélectorale et revenir ultérieurement avec le chantier de Quatre-Bornes. La balle serait dans le camp du ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, indique-t-on, avec le tracé du métro traversant les circonscriptions 18, 17 et 16. Affaire à suivre.