L'Urbos 100 de Metro Express Ltd effectuant son premier essai à Beau Bassin © Le Mauricien Ltd

“Il faudra attendre un mois après les élections générales pour que le public puisse voyager gratuitement dans le train.” C’est en substance le message adressé par Pravind Jugnauth à l’assistance, mardi dernier, à un congrès politique à La Source, Quatre-Bornes.

Cette information nous a été confirmée par une source de Metro Express Ltd (MEL) qui s’appuie sur le fait que l’évaluateur de sécurité indépendant italien  ITALCERTIFER ne leur soumettra pas son rapport, déterminant pour l’obtention du certificat de sécurité final, avant le 1er novembre, date à laquelle était annoncée l’exploitation commerciale des tramways.A noter que le premier ministre Pravind Jugnauth a déclaré cette semaine au cours d’un meeting que les tests se poursuivraient sans passagers pour que le gouvernement ne soit pas accusé de bribe électoral »

17 jours. C’est le temps qui s’est écoulé depuis le soft launch du Metro Express avec le tramway faisant le trajet du dépôt de Richelieu à Rose-Hill sur une seule voie des rails. Les trial runs qui se déroulent en ce moment entre Rose-Hill et Port-Louis se font désormais sur les deux voies de rails. “Certes, un cap a été franchi avec les tramways circulant dans les deux sens sur tout le trajet mais il y toute une panoplie d’évaluations sécuritaires qui sont effectuées par ITALCERTIFER sur le système global pour permettre une exploitation efficiente des trains au bénéfice des usagers, nous confie un cadre de MEL. Les évaluations concernent, entre autres, les infrastructures et leurs interfaces, le matériel roulant, l’état des stations, le contrôle-commande, le système électrique de déclenchement des feux de signalisation et le bon fonctionnement du système électrique et de drainage.

Week-End s’est rendu sur certains sites et a observé que la pose des collecteurs de drainage en contre-bas de la montée S à la station de Black-River n’avait toujours pas été complétée. Même constat en ce qu’il s’agit de la construction de la sous-station de traction qui permettra l’alimentation en énergie électrique d’une section de la ligne à la station  Victoria. À la station de Rose-Hill, le revêtement des sols et l’aménagement des trottoirs pour que les passagers puissent accéder aux escalators n’avaient toujours pas été achevés à hier.

La sécurité pas certifié

À la lumière de ce constat et à mesure que les jours s’égrènent, il ne fait plus l’ombre d’un doute que MEL n’est pas, à ce stade, apte à assurer une gestion sûre de ses activités avec le niveau de sécurité requis et qu’ITALCERTIFER n’allait pas leur délivrer le fameux sésame de la certification internationale de sécurité. “Le constructeur fait tous les efforts nécessaires pour être prêt pour le mois de décembre même si après le succès du soft launch, la pression est retombée d’un cran. MEL fait également tous les efforts afin d’utiliser les effets potentiels des tramways  pour une reproduction conjointe dans l’espace urbain de la sphère économique et sociale avec des mesures d’accompagnement comme l’engazonnement de certaines plates-formes et la plantation d’arbres et de fleurs”, nous confie notre source à MEL.

Reste que “le voyage gratuit de novembre” était considéré par le gouvernement comme une valeur sûre sur laquelle il misait pour susciter l’enthousiasme des électeurs en marge des législatives. Le projet Metro Express a également été évoqué durant un autre congrès au cours de la semaine écoulée. Patrick Assirvaden, de l’alliance Nationale, a affirmé que les Light Rail Vehicles, débarqués à Maurice dans le cadre du projet, ne sont pas des locomotives neuves, mais “retapées.” MEL, par le biais d’un communiqué sur sa page Facebook, a balayé d’un revers de main cette affirmation, mettant en avant le fait que “plusieurs consultants et officiers de MEL qui se sont successivement rendus en Espagne pour assister à la construction des LRV, se sont assurés que celle-ci se fasse en respectant les normes européennes.”