Après avoir participé hier, pendant 90 minutes, à la troisième reconstitution des faits au sujet du meurtre de Barthélemy Azie le 1er août 1999 à Montagne-Malgache, le suspect Merge Jolicoeur a abordé une nouvelle étape cruciale. En effet, sous la supervision du Chief Investigating Officer, l’inspecteur Rajen Moorghen, il a pris part à une confrontation directe avec un des protagonistes dans cette agression criminelle, Jean Carl Casimir – aussi connu sous le nom de Richard –, qui a été l’un des premiers appréhendés avec la réouverture de cette enquête 14 ans après les faits. Ce dernier suspect a tenté de se mettre hors de cause dans le meurtre du jeune Barthélemy Azie mais il a été rapidement rattrapé par la version des faits énoncée par son complice Merge Jolicoeur. Jean Carl Casimir devra subir une séance d’interrogatoire élaboré au sujet de sa participation dans les événements dramatiques devant la boutique Dada Missie.
Dans la matinée d’hier, le suspect Merge Jolicoeur, qui a été un des premiers à passer aux aveux et à collaborer entièrement avec l’escouade de l’inspecteur Moorghen, est revenu à Montagne-Malgache sous forte escorte policière. Il était venu compléter la dernière partie de ses aveux, soit celle ayant trait à l’origine de l’agression mortelle de Barthélemy Azie dans la soirée du 1er août 1999. Cet exercice, mené par des experts du Scene of Crime Office, avait attiré littéralement tous les habitants de ce village et des alentours.
Sans aucune hésitation, Merge Jolicoeur a indiqué aux enquêteurs les endroits où se trouvaient les prévenus aussi bien que la victime avant les premiers coups. Il a apporté une précision de taille quant à la présence de Marie Vivienne Edouard, celle par qui les malheurs de Barthélemy Azie sont arrivés. Les principaux agresseurs de ce dernier n’avaient pas apprécié les relations entre Viviennen Edouard et la victime.
Merge Jolicoeur a affirmé que le groupe des agresseurs étaient à une quinzaine de mètres du lieu de la dispute entre Joseph Mario Ravina et Barthélemy Azie. Ils étaient occupés à consommer des boissons alcoolisées quand le ton est monté entre ces deux derniers. « Kan laguerre ine kumanse, Vivienne Edouard ti alle so lakaz (située à une cinquantaine de mètres des lieux de la bagarre). Apre la guerre, li ti revini », avait-il fait comprendre. La dénommée Vivienne Edouard a été placée en détention policière depuis samedi à la suite des des allégations à l’effet qu’elle aurait aidé à transporter le cadavre de Barthélemy Azie pour être jeté dans une grotte à côté de Caverne-Victoire.
D’autre part, la confrontation entre Merge Jolicoeur et Jean Carl (Richard) Casimir a été chaude et dans tous les sens du terme, le dernier nommé demandant la permission à l’inspecteur Moorghen de le laisser aller prendre l’air hors de l’Interrogation Room. La tension était de mise, surtout suite à une tentative de Richard Casimir de nier toute participation dans ce crime atroce.
Le fait incontournable est que toute la bande de suspects en détention avait fait le déplacement à Mourouk le 1er août 1999 en vue de soutenir Joseph Ravina, qui avait pris part à la journée de régates. Aux questions des enquêteurs, axées notamment sur la teneur de la lettre de dénonciations, Richard Casimir a voulu jouer à l’amnésique avant d’être ramené à la réalité par la suite. « Rakont inspecter Moorghen ta ! To finn bate ! To finn touye ! To fine ousi sarie dan sak ek finn byin bwar rhum. Ki to kwar mo tu sel pou sarrie sa bef-la zordi », devait repéter avec force, et à plusieurs reprises, Merge Jolicoeur comme pour rafraîchir la mémoire de Richard Casimir.
Depuis ce matin, le même Richard Casimir est entendu par l’escouade d’enquêteurs du poste de police de Grande-Montagne, qui a été renforcée de trois nouveaux éléments, à savoir les constables Collet et Larose, ainsi que la Woman Police Constable Bégué. Il devait être confronté aux détails contenus dans la lettre de dénonciations visant à désorienter l’enquête policière et aux différentes versions de ses précédentes dépositions. La journée risque d’être aussi longue qu’hier pour Richard Casimir, en détention policière depuis le jour de Noël.
A ce jour, seuls deux des 13 suspects sont passés aux aveux, en l’occurrence Merge Jolicoeur et Jean-Marc Augustin. Ces derniers ont également participé à des descentes sur les lieux aux termes des procédures d’enquête.