Poursuivi devant les Assises pour le meurtre de sa petite amie Veronica Milazar, qui était également sa cousine, le Rodriguais Serge Jean a été condamné ce matin à 13 ans de prison par le juge Benjamin Marie Joseph. En prononçant la sentence, le juge est revenu sur les circonstances de ce drame ayant causé la mort de la jeune fille de 17 ans. « Accused got carried away by jealousy, although the intention to kill is not in the element of the offence, taking of life is of much concern », a-t-il souligné.
Initialement poursuivi sous une accusation de “manslaughter”, le Rodriguais Serge Jean avait plaidé coupable sous une charge réduite de “wounds and blows causing death without intention to kill” et était défendu par Me Nadeem Hyderkhan, commis d’office. Quatre témoins avaient été appelés lors du procès le 19 juillet dernier. Celui-ci a été présidé par le juge Benjamin Marie Joseph.
L’affaire remonte en 2010, année où Serge Jean, un maçon de 21 ans, habitant Mont-du-Sable, Rodrigues, entretenait une relation amoureuse avec sa cousine Veronica Milazar, alors âgée de 17 ans. Leurs parents n’étaient pas au courant de leur liaison bien que le cousin habitait souvent chez la victime. Le 8 mai 2010, en rentrant du travail, Serge Jean devait constater que Veronica Milazar s’était préparée pour sortir. « Kan mo’nn deman li kot li pe ale, li’nn dir mwa li pa al bal », avait-il raconté à la police.
Serge Jean n’aurait pas apprécié que sa petite amie sorte sans sa permission et qu’elle aille danser avec d’autres hommes. Il l’aurait alors suivie à motocyclette et, là, une dispute avait éclaté après que la victime eut refusé d’avoir des relations sexuelles avec l’accusé. « Sa pa’nn fer mwa plezir ek mo’nn dir li retourn mwa mo portab, li’nn ofans mwa », devait-il poursuivre. Se sentant « humilié », Serge Jean aurait commencé à frapper, à l’aide de son casque de moto, la jeune fille, jusqu’à ce qu’elle finisse par s’écrouler. Il l’aurait ensuite traînée dans un ravin pour dissimuler son corps.
Dans sa première déposition à la police, Serge Jean avait raconté avoir abandonné la jeune fille dans les pâturages, la croyant morte. Il était par la suite rentré chez lui et avait avalé de l’eau de javel car il voulait mettre fin à ses jours. Il avait été admis à l’hôpital. Par la suite, le maçon s’est rétracté et a avoué à la police que lorsqu’il avait traîné la victime et avait remarqué qu’elle n’était pas morte, il lui avait asséné plusieurs coups de pioche avant de l’étrangler.
La victime avait été retrouvée le lendemain par des enfants, gisant dans une mare de sang et à moitié nue à quelques mètres de la route principale de la localité. À leur arrivée, les policiers ont constaté que l’adolescente, blessée à plusieurs endroits du corps, respirait toujours. Emmenée à l’hôpital de La Ferme, elle avait rendu l’âme quelques heures plus tard. Serge Jean entre-temps avait avoué à la police avoir tué la jeune fille par jalousie.
En cour, il avait soutenu qu’il s’était laissé emporter par la colère ce jour-là car il ne pouvait plus supporter que la jeune femme le trompe. « Mo ti deza koz ar li, dir li seki li fer li pa bon. Me li’nn ofans mwa. Mo demann eskiz, si mo ti kone li touzour vivan sa zour-la, mo ti pou amenn li lopital », a déclaré Serge Jean. Lors de sa plaidoirie, la poursuite s’était attardée sur la violence de ce crime, faisant ressortir que Veronica Milazar est décédée à la suite de multiples blessures à la tête et que l’accusé avait continué à la frapper quand il a remarqué qu’elle respirait toujours. Le juge Benjamin Marie Joseph l’a condamné à 13 ans de prison desquels seront déduits les 1 160 jours passés en remand.