Elle lui en voulait à mort. Tout simplement parce qu’il l’avait répudiée pour infidélité au lendemain de leur union. Contre une somme de Rs 10 000 déjà payée, selon l’enquête de la Major Crime Investigation Team (MCIT), Madhuri Ghoorbi a eu recours à une bande en vue d’agresser mortellement son époux. Après une première tentative dans la journée de dimanche dernier, ils sont revenus à la charge avec un plan de kidnapping en début de soirée de mardi. La partie inférieure de son corps mutilé à coups de gourdins, de barres de fer et d’arme blanche, Vikram Ghoorbin avait été abandonnée à lui-même dans une mare de sang dans des champs de cannes à 300 mètres de la route principale à Camp-Maillet, Cap-Malheureux. Le crime, commis dans des conditions atroces et incroyables, fut découvert très tôt mercredi matin.
Madhuri Ghoorbi, aussi connue sous le nom de Simee, vivait séparée de son époux, Vikram. Travaillant dans un restaurant du Nord, elle n’avait jamais digéré cette séparation et encore moins les procédures de divorce engagées. Et depuis la fin de la semaine dernière, elle avait mis sa menace de lui arracher la vie à exécution. Les dernières confidences de la victime à son entourage familial étaient que sa vie était véritablement en danger avec une tentative d’agression ratée à son domicile dimanche dernier et des menaces de mort au téléphone de la part de son épouse dans la journée de ce même mardi.
Avec cette séquence, le commentaire du suspect principal, Reza Jeeawoody, âgé de 23 ans, habitant Triolet et coiffeur de son état, après avoir agressé mortellement Vikram Ghoorbin mardi soir, prend toute son importance. À ce moment précis, le coiffeur Jeeawoody s’est retourné vers Iswardeo Gooljar, alias Mamou Simee, âgé de 49 ans, pour lui lancer : « Mamou, zordi to pas finn déçu. To finn satisfait ar travay-là. » Cette réaction confirme l’échec de l’agression ratée de dimanche dernier.
Ensuite, les quatre suspects, Reza Jeeawoody, Iswardeo Gooljar, Nizammudin Okeep et Ahmad Battun, alias Long, âgé de 28 ans, sont remontés dans le 2x 4 avec au volant Nizammudin Okeep pour rentrer chez eux. Mais en route, ils devaient « déstresser » en se rendant au restaurant où travaillait Madhuri (Simee) Ghoorbin pour une collation. Pourtant vers 19h20, ce mardi soir, Vikram Ghoorbin était déjà sur ses gardes suite à des menaces de mort proférées dans la journée.
Initialement, la victime avait résisté à un premier appel de ses agresseurs. Un de ses neveux devait sortir de la maison pour informer la bande à Reza Jeeawoody que son oncle n’y était pas. Mais ce n’était pas du goût de Mamou Simee, qui était descendu du véhicule un peu plus loin de l’endroit indiqué pour ne pas éveiller les soupçons de Vikram Ghoorbin.
Le plan était d’attirer la victime hors de chez elle en lui faisant croire qu’il y avait une réparation de tôlerie sur une voiture à faire de manière urgente. Mamou Simee était convaincu que Vikram Ghoorbin était bien chez lui. Il devait communiquer le numéro de téléphone cellulaire de ce dernier à l’un des complices qui parvint à le convaincre de sortir de son domicile.
À peine avait-il pris place à côté dans le véhicule en marche que Vikram Ghoorbin devait remarquer la présence de Mamou Simee en bordure de route. Le chauffeur avait ralenti le véhicule pour embarquer l’oncle-amant de Madhuri Ghoorbin.
« Kifer pe ralenti ? » devait laisser échapper Vikram Ghoorbin. À ce moment, Reza Jeeawoody, qui était assis juste à l’arrière de la victime, a surgi pour la maîtriser en la tenant par la gorge. « Si to bouzé, mo lof twa… » devait-il ajouter alors que le véhicule prenait la direction du terrain de football de Petit-Raffray.
Sur les lieux du crime, Vikram Ghoorbin fut jeté hors du véhicule avec violence et malmené à coups de poing, de pied. Il devait également essuyer des coups de gourdins et de barres de fer avant d’être agressée mortellement à coups de couteau de boucherie à la hanche par Reza Jeeawoody. Il fut abandonné sur les lieux.
Au moment de son arrestation, Madhurin Ghoorbin avait rejeté les accusations avec pour alibi qu’elle était à son travail au moment du crime. Après sa comparution en cour de Mapou mercredi, elle est passée aux aveux en dénonçant ce plan machiavélique. Nizammudin Okeep, qui a retenu les services de Mes Germain Wong Yuen Kook, Sanjeev Teeluckhdarry et Amrish Oozageer, avait fait des révélations à la MCIT dans la nuit de jeudi à vendredi.
L’arrestation vendredi après-midi d’Ahmad Battun, au domicile de qui la principale arme du crime avait été retrouvée, a complété la série avec la reconstitution des faits sur les lieux du crime se déroulant en début de semaine. La confrontation des faits des différents suspects devrait précéder cette étape. Pour ce crime atroce, Reza Jeewaoody a bénéficié d’une somme de Rs 10 000, alors que d’autres sources avancent qu’une somme de Rs 30 000 était en jeu…