C’est hier que s’est tenue la première réunion de ce qui est présentée comme celle d’une « direction collégiale » et d’une « intelligence collective » du MMM et qui regroupe le leader, Paul Bérenger, les quatre Deputy leaders, Reza Uteem, Pradeep Jeeha, Arianne Navarre-Marie, Deven Nagalingum, le président Alan Ganoo, le vice-président Rajesh Bhagwan, le secrétaire général Ajay Gunness et le trésorier Adil Ameer Meea. Cette structure, séparée du bureau politique et du comité central, devrait se réunir aussi souvent que la situation l’exige, laissait-on entendre à l’issue de cette réunion qui a duré près que trois heures et dont les délibérations, contrairement à d’autres instances, devraient être plus verrouillées que celles que le MMM a connu jusqu’à ces derniers temps où c’était, comme certains l’ont décrit, un vrai « bazar » où tout ce qui se discutait était rapporté et souvent déformé.
Lors de la réunion d’hier, toute la situation politique a été passée en revue et des décisions prises qui seront portées devant le bureau politique de demain, devant un comité central spécial qui a été fixé à mercredi et devant une assemblée qui sera organisée ce samedi 7 mars. Sur l’estrade, ce samedi, les membres du bureau politique et en toile de fond une banderole avec les inscriptions « MMM : la relance ». Au menu de la réunion d’hier, le nouveau fonctionnement du MMM et la nouvelle ligne politique arrêtée qui seront présentés au bureau politique et au comité central.
Selon ce qui a transpiré des délibérations d’hier matin et qui a été confirmé par une source autoriséee, il y a cette ligne générale dégagée, d’abord, sur l’alliance avec le PTr qui fut une décision collective et qui est « une chose du passé ». « Nou rekonet nou tort dan sa décision ki fine prend après beaucoup de débats pour alle en alliance avec PTr au lieu alle tout seul » mais, au MMM, la question qui reste est de savoir si, en l’absence d’une alliance avec les rouges, il n’y aurait pas eu une nouvelle alliance PTr/MSM comme en 2010. Cela a pesé très lourd dans la balance qui a penché en direction d’une alliance avec le PTr. Quoi qu’il en soit, le constat, hier, était que le « gros problème que traverse le MMM » est finalement un « blessing in disguise » et un « wake up call », qui, selon certains participants, permettent au MMM de se « relancer sur de nouvelles bases ».
La réunion d’hier a aussi été l’occasion de voir comment le MMM a évolué ces derniers 5/10 ans. Cela a amené au constat suivant: « Le MMM a dévié sur deux aspects fondamentaux ». Aussi le mot d’ordre semble « back to basics » parce qu’il y a eu une « déviation importante sur deux choses essentielles, l’attitude vis-à-vis du communalisme et sur la démocratie interne ».
« Beaucoup trop de concessions au communalisme »
Les discussions sur ces deux sujets ont abouti sur le constat qu’il y a eu « beaucoup trop de concessions au communalisme lorsqu’il s’est agi de choisir les candidats, dans le fonctionnement interne et que ce poison a infecté la tête de trop de nos militants et de nos dirigeants, ce qui a débouché sur des comportements inacceptables à l’occasion des derniers élections du comité central ».
Ce constat fait, le maitre mot désormais est « qu’il faut un ressaisissement et il faut corriger le tir même s’il est vrai de dire que tout ne va pas changer du jour au lendemain ». Cette question sera, selon nos renseignements, portée devant toutes les instances, y compris l’assemblée des délégués et il y aura « une intransigeance totale sur le communalisme à l’intérieur du parti sans que cela veuille dire que certains seront écartés mais la vigilance sur cette question sera constante ».
Sur le plan interne, une réorganisation complète a été décidée pour rétablir la démocratie au MMM. Le constat fait, hier, est qu’au fil des années, il y a eu un clientélisme nourri par certains dirigeants et députés qui ont débouché sur un contrôle total de certains comités régionaux. Aussi, il a été décidé de revoir le fonctionnement de toutes les instances, des branches, comités régionaux et même l’assemblée des délégués pour retrouver une vraie démocratie interne débarrassée de toute mainmise de qui que ce soit sur les branches et les comités régionaux.
Si la nouvelle direction du MMM entend se montrer intransigeant sur ces deux questions, il n’est pas prévu qu’il y ait un chamboulement complet ni d’exclusion dans l’immédiat. Tout sera mis en oeuvre, avons-nous appris, pour qu’à moyen et long terme, elles reviennent fermement sur les bases qui furent la raison d’être même du MMM.