Une enquête menée au cours du deuxième trimestre de 2012 par la Mauritius Employers Federation (MEF) auprès de 96 entreprises représentatives des différents secteurs de l’économie indique que le taux d’absentéisme en 2011 s’est élevé à 7 % avec pour principaux secteurs affectés : l’industrie manufacturière tournée vers le marché local, les industries orientées vers l’exportation et la construction. Les principales causes de l’absentéisme sont les problèmes de santé mineurs, les responsabilités familiales et le manque d’éthique professionnelle chez les travailleurs.
Le taux de 7 % établi par la MEF prend en compte toutes les absences au travail, que ce soit les congés planifiés (vacances annuelles, congés de maternité/paternité, voyages et autres authorised leaves ayant déjà fait l’objet d’un accord avec l’employeur) et les absences non-planifiées et qui n’ont fait l’objet d’aucune notification (sick-leave, absence pour blessure et autre absence non-autorisée. L’enquête de la MEF révèle une perception mitigée de la question d’absentéisme chez les entreprises. Une entreprise sur deux estime que l’absentéisme est un problème alors que 49 % des sondées considèrent qu’il n’y a pas de « real cause for concern ». Cette différence de perception s’explique selon le secteur d’activité et la taille de l’entreprise interrogée. Les opérateurs de l’industrie manufacturière orientée vers le marché local ainsi que les entreprises d’exportation et de la construction sont les plus touchées. En outre, l’enquête établit que les moyennes et grosses entreprises sont les plus concernées par l’absentéisme.
La grande majorité des entreprises (92,6 % des sondées) rapporte que les absences au travail sont généralement de courte durée : un à quatre jours. « This can perhaps be explained by the legal requirements to produce a medical certificate after four days of absence », souligne le rapport de la MEF. Selon cette dernière, les absences non-planifiées représentent un peu plus de 40 % de l’ensemble des absences. S’agissant des congés planifiés, l’annual leave occupe la première place (46,3 % sur 59,4 %) alors qu’au niveau des absences non-planifiées, le sick-leave est en première position (26,4 % sur 40,6 %). « The overall absence rate based on both planned and unplanned leaves for the enterprises survey stood at 7 percent. Excluding planned leaves, the absence rate worked out at 2.8 percent », estime la MEF. Le taux d’absentéisme (tous les types d’absence confondus) dans l’industrie manufacturière domestique est de 12 % contre 9,5 % pour le secteur manufacturier d’exportation, 9,7 % pour le secteur agricole, 8,9 % pour la construction et 7 % pour le secteur touristique.
L’étude de l’association patronale démontre qu’il n’y a aucune « significant difference in absence rates between men and women » et que l’absentéisme est plus bas dans les entreprises employant moins de 50 personnes. Se référant aux principales raisons données par les employés pour expliquer leurs absences, la MEF observe que 86,3 % des entreprises participant à l’étude évoquent le minor illness des employés alors que 71,6 % parlent d’absence due à des responsabilités familiales. La MEF indique par ailleurs que « a lack of professional work ethics among employees was cited as the third cause of absenteeism in the enterprises surveyed ». Ces raisons sont données pour les absences de courte durée alors que les causes d’absence sur le long terme sont principalement les problèmes de santé chroniques et les accidents hors du lieu de travail.
La MEF procède par ailleurs à une évaluation du coût de l’absentéisme dans le pays en tenant compte seulement des salaires de base tout en observant qu’une telle évaluation doit aussi prendre en considération d’autres données importantes telles que les allocations, les bénéfices et les contributions sociales pour un employé, l’impact sur la productivité et la qualité de service de l’entreprise. La MEF en déduit que le coût moyen de l’absentéisme pour l’économie nationale s’élèverait à Rs 7,8 milliards dont Rs 3,2 milliards pour les congés non-planifiés.