Nation mauricienne. On la dit multiple, interconfessionnelle, arc-en-ciel, beauté pour les yeux, mais pas toujours pour les oreilles. Bienvenue à l’île Maurice de la tyrannie sonore, où bon nombre d’entre nous subissent les décibels à outrance…
Décrire les espaces, la géographie, l’ambiance passe par un décryptage des sens. Lonely Planet – magazine du globe-trotter – pourrait évoquer le caractère foisonnant d’un Calcutta, la ruche humaine du Caire avec ses déclinaisons de tapage qui contribuent à se faire oublier dans la marée humaine. On devient un parmi des milliers. Rêve touristique, on change de cap. On se dépayse d’un éventuel « calme occidental ». Et, dans ces endroits bruyants, par ces agressions incessantes, on brise la monotonie du « métro, boulot, dodo » pour se sentir vivant, enfin. Il s’agit d’un bruit où l’on se complaît, d’un bruit qui glisse sans irriter, qui nourrit l’état d’esprit voyageur transi, extasié.
Ainsi, au touriste, le voyage en bus mauricien : quoi de plus « sympa ». En effet : tous ces visages qui sortent du boulot. Ceux-là, ce n’est pas l’île Maurice de la plage. Mais peut-être que quelques-uns travaillent à l’hôtel. Ah, le Mauricien dans son milieu naturel. L’île Maurice, urbaine, une autre idée du monde « multiconfessionnel, multiculturel, arc-en-ciel » où tout le monde vit en paix. Un nouvel éclat. L’humeur contemplative sublime jusqu’au vrombissement du moteur du « bus Tata », du « kot ou pe ale ? » patibulaire, de ce kreol mi-frenchy, dans sa sonorité, mi-asie, par son débit. Tout est magnifié. Tout est « beau » …