La National Transport Authority (NTA) compte venir de l’avant avec une “fixed penalty” pour les passagers voyageant dans des vans ou taxis “marron”, alors que pour le moment, le règlement prévoit une amende de Rs 500 pour ce délit. « Nous avons remarqué qu’avec la loi existante, le contrevenant doit se rendre à la police, qui entamera ensuite une enquête pour établir les faits. C’est un processus assez long et qui peut être contesté. Alors qu’avec la “fixed penalty”, le contrevenant est verbalisé sur place », souligne Koshik Reesaul, Road Transport Commissioner de la NTA. Cependant, cette institution travaille toujours sur le quantum à être établi avant de soumettre ses recommandations au gouvernement.
Au cours d’un point de presse au siège de la NTA à Cassis vendredi, Koshik Reesaul a qualifié « d’alarmant » le nombre de contraventions émises contre les véhicules “marron” depuis le début de l’opération “crackdown”, qui a débuté en décembre 2016. « Nos inspecteurs, aidés par la police, ont dressé 1 243 contraventions jusqu’au 14 août, pour diverses infractions contre ces véhicules illégaux. Pour la semaine écoulée, nous avons dressé 81 contraventions », souligne le commissaire de la NTA. Ce dernier soutient que le public doit « prendre ses responsabilités » et que dorénavant, les officiers de la NTA feront appliquer la loi. « Nou pou nepli donn ban pasaze warning dan station la polis. Zot pou koumans gagn lamand aster », dit-il.
Koshik Reesaul avance que les officiers de la NTA sont présents dans plusieurs régions du pays, mais qu’ils sont surtout concentrés dans des endroits où des opérateurs d’autobus ont porté plainte pour compétition illégale. « Dans certains cas, le conducteur du véhicule “marron” ne travaille pas seul et est aidé par des “chefs de gare”, qui cherchent des passagers pour eux. » Cet organisme dit être en présence d’une liste de numéros de ces véhicules qui sont dans le viseur des autorités. « La NTA a mis en place une “special squad” pour les traquer. » Idem en ce qui concerne des taxis d’hôtel qui véhiculent des Mauriciens au lieu de touristes.
Koshik Reesaul a concédé que de nombreux chauffeurs opérant comme “taxi marron” ont introduit des demandes auprès de la NTA pour être régularisé. « Il y a toute une procédure à suivre et chaque cas passe devant un board. Il faut voir si ces véhicules satisfont les critères établis ou encore quel est le nombre de taxis dans une région en particulier », explique-t-il. La NTA dispose d’une équipe de 40 officiers répartis en trois équipes, qui s’occupent chacune de trois districts du pays. « En cas de manque d’effectif, nous demandons à la police de nous épauler », déclare le commissaire.
De son côté, le chef inspecteur Bijaye Rambhursy, de la Traffic Branch, a rappelé au public que les passagers ne sont pas couverts par l’assurance en cas d’accident dans un véhicule “marron”. « En plus, la police a constaté que certains taxis “marron” n’ont ni fitness, ni assurance, ou ne sont aptes à être sur la route », avance ce haut gradé.
En ce qui concerne les manquements notés au niveau des opérateurs d’autobus, qui poussent bien souvent le public à opter pour des vans “marron”, Koshik Reesaul souligne que les opérateurs individuels ont leur propre chef de gare et font leur planning. « Des officiers de la NTA sont présents dans les gares pour vérifier que les autobus respectent les règlements. Bien souvent, c’est en l’absence d’officiers que certains font la pluie et le beau temps. Nous agirons à la lumière des plaintes reçues par les membres du public. » Le commissaire de la NTA cite l’exemple de la ligne de Chamarel, maintenant desservie par un plus grand nombre de bus.
Sur le projet du Metro Express, Koshik Reesaul a annoncé un “re-engineering” de certaines lignes desservies par les bus. « Nous travaillons sur un “survey” en interne sur toutes les lignes concernées afin de voir comment elles pourront être modifiées et améliorées. Sur le long terme, il faudrait que les opérateurs de bus individuels se réunissent en une fédération », estime-il.