C’est avec tristesse que nous avons appris le décès hier d’Alain O’Reilly des suites d’une crise cardiaque. Il avait 59 ans.
Entrepreneur ayant lancé plusieurs projets d’envergure, il s’était fait un nom dans l’écotourisme. Alain O’Reilly était connu pour être un « bon vivant ». Il savait d’ailleurs trouver, en toutes circonstances, le côté positif des choses et sortait toujours gagnant des aléas de la vie, que ce soit dans sa carrière sportive ou en tant qu’homme d’affaires.
Pionnier du développement de projets en pleine nature, c’est notamment grâce à lui que Maurice s’est fait une réputation en matière de domaines et de lodges, ayant apporté une petite révolution au tourisme en passant outre le slogan, aujourd’hui cliché dépassé, Sea, Sand and Sun. C’est ainsi qu’un jour, au tout début des années 1980, en visitant les flancs de la chaîne de montagnes de l’Est du pays – en pleine forêt endémique –, il créa le fameux Domaine du Chasseur. Après une enfance plutôt difficile par moment – et qui a commencé sa carrière professionnelle comme chef de section sur la propriétaire sucrière de Riche-en-Eau –, il avait fait l’acquisition d’un terrain à Anse-Jonchée, avec l’aide d’une dizaine d’amis.
Les banques hésitaient à lui octroyer les fonds nécessaires, traitant son projet de « folie ». Mais il a persévéré, construisant une première cabane puis, plus tard, les autres. « Nous avons dû tout construire de nos propres mains, créer des routes, acheminer l’eau et l’électricité. On riait de nous au début. Mais, petit à petit, le Domaine est sorti de terre et les gens commençaient à arriver. Il y a eu de bonnes périodes, mais de mauvaises aussi, pour faire vivre cette aventure folle, certes, mais passionnante », expliquait Alain O’Reilly à notre confère Week-End en décembre 2007.
Vingt ans plus tard, alors que le Domaine est devenu une image de marque pour la nouvelle politique touristique, Alain O’Reilly a été contraint de le céder en raison de certaines difficultés. Loin de baisser les bras, il lance une autre domaine, Le Domaine des Sept Vallées, à Nouvelle-France et également des restaurants dans le Sud et nourrissait l’espoir de concrétiser de nouveaux projets, notamment d’implanter un hôtel à Rodrigues, lequel devait s’appeler Le Repaire Resort. Le destin en aura  décidé autrement.
Mais l’homme était aussi connu dans le monde du cyclisme, qu’il a pratiqué. Et même s’il avait pris sa retraite de la petite reine vers la fin des années 70, il avait néanmoins gardé contact avec ce sport à travers un parrainage régulier. Il a d’ailleurs pendant longtemps été le sponsor du Mémorial Claude et Mico Quéland, premier contre-la-montre individuel de la saison. Du temps de sa carrière cycliste, il a couru auprès des meilleurs de l’époque, à l’instar des frères Anazor, Edwin et Gabriel, et de Mathieu Calypso. Ceux qui l’ont côtoyé parlent de lui comme d’un « très bon coureur cycliste ».
Ses funérailles ont eu lieu cet après-midi. Après une cérémonie à l’église Notre-Dame des Anges à Mahébourg, il a été inhumé au cimetière St-Jean.
A tous ceux qui pleurent la disparition d’Alain O’Reilly, Le Mauricien présente ses plus vives sympathies.