Une famille mauricienne, habitant Katmandou,  est saine et sauve après le séïsme de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter, qui a durement frappé la capitale du Népal, à la mi-journée d’hier. Le premier bilan établi, hier soir, confirme quelque 1 200 victimes, dont dix alpinistes, principalement des membres de l’armée britannique, qui tentaient l’escalade de l’Everest. Les dégâts matériels sont encore plus conséquents dans la capitale népalaise, avec la destruction de la Tour de Dhardhara, monument historique, classé au patrimoine de l’UNESCO. Des recherches dans les décombres, qui ont été interrompues dans la soirée d’hier, devaient reprendre ce matin avec le bilan susceptible d’évoluer encore.
Néanmoins, la famille Toorawa de Curepipe était sur le qui-vive dans la journée d’hier dès l’annonce que la capitale du Népal avait été ravagée par un violent tremblement de terre. En effet, Ismaël Toorawa, âgé de 38 ans, le fils de cette famille très connue de Curepipe, est affecté avec des membres de sa famille au bureau du Programme des Nations Unies pour le Développement  au Népal et habite Katmandou. Il est dans le circuit international de l’ONU depuis ces cinq dernières années. En raison des problèmes de communications, les premières heures de ce drame ont été extrêmement éprouvantes pour les proches d’Ismaël Toorawa à Maurice. Ces derniers étaient sans nouvelles de ce Mauricien, qui a épousé une Malaise, Serena Khan et père de trois enfants, Iman Sara, âgée de 12 ans, Suleiman Irfan, 9 ans et Isssack, trois ans.
« Dans un premier temps, un des membres de la famille Toorawa, son cousin, établi en Grande-Bretagne, a téléphoné à Maurice pour dire qu’il avait pu entrer en contact téléphonique avec Ismaël au Népal. Il a voulu être rassurant en affirmant qu’il n’y avait rien à craindre », a déclaré une des proches de la famille Toorawa habitant Quatre-Bornes.
Mais du côté des parents d’Ismaël Toorawa à Curepipe, ce détail n’était pas suffisant. Ils étaient impatients d’entendre la voix de leur fils à l’autre bout du fil à Katmandou. Finalement, leur souhait sera exaucé vers 13 heures 30, soit après 90 longues minutes de suspense. « Ismaël ine tékéfoné ek li ine dir nou ki li ine sorti en deor Katmandou ki li fi ine allé et ki zotte pas ine gagné nanyen », confie la mère, Bilkiss Toorawa au téléphone à Week-End avec une voix laissant transpirer la sérénité après les premières angoisses. Elle se rappelle que l’année dernière, elle avait fait le déplacement auNépal. « Bann montagn-là bien zoli », dit-elle.
« Mo dir gand mersi Bondié ki zotte pa ine gagn nanyen et ki zotte ti alle en deor laville. La ligne téléfon pa ti tro bon ek pas ine trop konpran. Zotte pa pe kapav return dan zotte lakaz tu de swit», poursuit cette mère de famille, rassurée d’avoir au moins entendu la voix de son fils en pleine catastrophe naturelle. En cours d’après-midi, la soeur d’Isamël Toorawa a pu établir le contact par internet et les dernières nouvelles sont encore plus positives car la résidence des Toorawa à Katmandou n’a pas subi de gros dégâts.
En effet, avec le jour férié d’hier au Népal et le beau temps, Ismaël Toorawa avait emmené sa famille de même que ses beaux-parents de Malaisie, dont son beau-père Gulam Khan, âgé de 76 ans et sa belle-mère Aishah Abdullah, 65 ans, passer le week-end au Gokama Forest Resort. Seon les derniers renseigements, Ismaêl Toorawa et ses proches venaient d’arriver au Resort quand la terre s’est mise à trembler.
Les membres du personnel de cet établissement devaient leur conseiller de rester en dehors des chambres et ils ont dû passer la nuit d’hier à ce matin à la belle étoile dans le froid. Le quotidien de Malaisie, Morning Star, rapportant les propos des beaux-parents d’Ismaël Toorawa, en visite au Népal,  note que « there is a concern about the cold weather conditions later at night and also how long the food supplies may last as they unsure when they can get back to Kathmandu They don’t know if their house was damaged by the earthquake and if their workers are safe or not. They are totally cut off ».
Les dernières dépêches de presse révélaient dans la soirée d’hier qu’un séisme de magnitude 7,8 au Népal avait tué au moins1200 personnes. C’est ce que révèle un bilan provisoire de la police du Népal. Le centre historique de la capitale, Katmandou, a été ravagé. Aux morts népalais s’ajoutent plus de vingt décès répertoriés en Inde et en Chine, mais aussi une dizaine d’alpinistes, au moins, sur l’Everest. Pokhara, une ville touristique, a été aussi touchée alors que la saison des treks bat son plein. Le séisme, le plus fort dans le pays depuis 1934, a été ressenti dans toute cette zone de l’Himalaya.
La place Durbar, au coeur de la capitale du Népal, a été détruite. Le lieu est classé au patrimoine historique de l’Unesco. Erigés par les rois Malla entre les XIIe et XVIIIe siècles, ces édifices constituent «une symbiose unique de l’hindouisme, du bouddhisme et du tantrisme», explique le site de l’UNESCO.
La tour Dharhara, monument historique du XIXe siècle, s’est effondrée avec des visiteurs bloqués à l’intérieur. Edifiée pour la première fois en 1832, reconstruite après le tremblement de terre de 1934, et mesurant 50 mètres, la tour Dharhara était l’un des monuments majeurs du patrimoine de Katmandou, avec la place Durbar.
Dès hier après-midi, les secours étaient organisés sur le terrain alors que l’aide internationale se mettait en place avec l’envoi des premiers spécialistes sur le terrain.