Quatre-vingt-cinq candidats, dont huit groupes de neuf personnes et 13 indépendants à Triolet. C’est le chiffre enregistré hier après la fermeture des Nomination Offices. Avec ces 85 candidats, Triolet compte le plus grand nombre d’inscrits pour la région nord. Pourtant, on ne notait aucune affluence le matin après l’heure d’ouverture. Effectivement, en dépit des quelques bannières qui se dressaient ça et là dans les villages du nord de l’île, il a semblé que la fièvre électorale n’ait pas encore gagné les habitants.
Parmi les villages sillonnés en voiture durant la première moitié de la journée, c’est à Goodlands qu’une réelle ambiance « politique » régnait. L’Alliance Travailleurs Social de Goodlands, avec pour symbole un arrosoir, a créé une ambiance festive, avec une grande mobilisation des plus petits jusqu’aux plus grands. Accompagnés des sons de tambour, avec leurs bannières fièrement brandies, c’est dans la joie et la bonne humeur, sans oublier l’esprit de compétition, que le groupe semblait déjà fêter sa victoire. « Si nous nous sommes posées comme candidates aujourd’hui, c’est parce qu’on a vu que dans les pays développés, il y a des femmes actives, et même au pouvoir. Nous nous sommes dit : pourquoi pas Maurice ? », s’accordent à dire les candidates au symbole de l’arrosoir.
Moment insolite de cette journée de dépôt de candidatures à Triolet : l’apparition de l’homme au lit de clous. Marcel Mayeputh, qui avait entamé une grève de la faim vendredi, s’est encore fait remarquer par la presse, les policiers et les passants présents, hier matin au Sir Vaghjee Government School. Il s’était en effet allongé sur un lit de clous pour aller déposer sa candidature. N’ayant personne pour le tirer ainsi couché jusqu’à la porte de l’école, où les policiers lui ont interdit l’accès dans une telle position, ce sont deux passants qui ont finalement bien voulu l’aider.
Le Mouvement Social Poudre d’Or Village a pour sa part opté pour MSP comme sigle, parce que « « M » renvoie à MMM, « S » à MSM et « P » au PTr », indique le leader du groupe se présentant sous le symbole d’une chaise, Ram Narain. « En tant que mère, je trouve inacceptable qu’il n’y ait aucun loisir pour les enfants et jeunes du village. Il n’y a que la plage, et il n’y a même pas de bibliothèque », a par ailleurs soutenu une candidate du MSP. L’objectif de ce groupe : « Apporter un changement de mentalité pour une diversification. » Une de leurs candidates déplore également le fait qu’« en 2012, il y a encore des personnes qui ont formé un groupe communal, où la grande majorité des candidats sont d’une seule communauté ; c’est inacceptable ». Cette dernière ajoute ainsi que son équipe regroupe des membres de toutes les communautés.
À Rivière-du-Rempart, Sandhya Boygah soutenait les membres du symbole « bus », sans toutefois se présenter comme candidate. « J’ai voulu apporter mon soutien aux jeunes, et surtout aux femmes, qui ont osé aller au-delà des clichés en se posant comme candidates, et partager mon parcours avec elles et les autres candidats », indique-t-elle avant d’ajouter : « En tant que femme, je pense que la nouvelle Local Governement Act donne clairement la chance aux femmes, et je les encourage à cross the bridge elles aussi. »
À Pointe-aux-Piments, personne. À Trou-aux-Biches, le Mouvement pour le progrès du village (MPPV Trou aux Biches) affiche une équipe plutôt jeune. À Plaine-des-Papayes, les candidats tiennent une réunion quelques minutes avant de déposer leur candidature. À la mi-journée, The Vale comptait seulement six candidats indépendants et une seule équipe, ce qui montre un enthousiasme plutôt tempéré.
Trois femmes et six hommes : les groupes de candidats aux villageoises semblaient hier matin avoir respecté la New Local Governement Act. Les équipes comptaient aussi bien des jeunes et des moins jeunes, et disaient vouloir être diversifiées. Même écho de la part des différents groupes des villages, qui soutiennent vouloir apporter du changement et davantage de développement.