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  • Une marche pacifique prévue à Port-Louis lundi prochain pour dénoncer cet ultimatum de la DBM

Alors qu’ils avaient entamé des négociations avec la Development Bank of Mauritius (DBM) en vue de faire rayer leurs dettes en raison d’une situation difficile, des pêcheurs ont reçu une mise en demeure cette semaine.

La banque leur demande de rembourser leurs prêts dans un délai de 15 jours. Faute de quoi des poursuites seront engagées.

Entre 1 500 et 2 000 pêcheurs sont concernés. Ils avaient accepté « l’offre » du gouvernement pour l’achat de bateau en vue d’aller pêcher hors du lagon. Pour cela, ils ont dû emprunter Rs 200 000 de la DBM, somme qu’ils n’ont pu rembourser à ce jour.

Ces pêcheurs, regroupés au sein de la Federation of Sea Fishermen Associations, estiment qu’il y a une discrimination à leur égard. Ils font remarquer que, par le passé, des planteurs et des éleveurs ont vu leurs dettes rayées dans des situations difficiles.

« Tout le monde sait qu’aujourd’hui la pêche passe par une période de crise. On a vu récemment que la pêche à la senne ne rapporte plus grand-chose. C’est dire à quel point nous avons à faire face à une situation difficile. Cela fait deux ans que nous attirons l’attention à ce sujet. Mais rien n’a été fait à ce jour », dit Steeve Rambane, président de la fédération.

Ainsi, certains ont eu la mauvaise surprise récemment de recevoir un avis de la Development Bank of Mauritius (DBM), leur sommant de régler leurs dettes dans un délai de 15 jours.

Dans certains cas, la somme s’élève à plus de Rs 200 000, soit la somme initiale de l’emprunt. Les pêcheurs se mobilisent ainsi pour une marche pacifique à Port-Louis, le lundi 9 mars prochain.

Atma Shanto, le négociateur, fait ressortir : « Les pêcheurs sont des citoyens de ce pays comme tous les autres. Ils ont le droit de mener une vie décente. Comment peut-on rayer les dettes pour les planteurs et les éleveurs, mais pas pour eux ? » Il s’interroge également sur la vocation sociale de la DBM.

« Cette banque était supposée venir en aide aux petites gens. Mais on a l’impression que, de nos jours, c’est le profit qui compte le plus. Je lance un appel au Premier ministre et au ministre des Finances pour qu’ils s’intéressent à ce qui se passe à la DBM », dit-il, déplorant également le fait qu’avant les élections, la fédération avait été reçue par la direction de la banque pour négocier une entente.

« Mais une fois les élections finies, on n’a plus rien entendu », souligne-t-il.

Atma Shanto a également critiqué le ministre de la Pêche, Sudheer Maudhoo, qui, dit-il, « poursuit la même voie que Prem Koonjoo ».

Il se demande également, comment le pays atteindra une “high income economy” comme se plaît à le dire le Premier ministre, Pravind Jugnauth, alors que les pêcheurs sont ignorés. Atma Shanto ajoute qu’avec le changement climatique, la vie des pêcheurs est devenue « encore plus difficile ».

Outre le mauvais temps, qui les empêche souvent de prendre la mer, ajoute-t-il, « les poissons se font également de plus en plus rares dans le lagon ».

A ce jour, poursuit Atma Shanto, beaucoup de pêcheurs comptent sur la “bad weather allowance” pour vivre. Même là, la somme est loin d’être suffisante, étant inférieure au salaire minimum.

« Qui plus est, le paiement pour le mois de février n’a pas encore été fait à ce jour », déplore-t-il. Et de poursuivre : « Il y a des pêcheurs qui comptent dessus pour nourrir leurs familles, envoyer leurs enfants à l’école. »

La fédération a commencé une mobilisation dans différentes régions, en vue d’une grande marche pacifique à Port-Louis, le 9 mars prochain. « J’invite tous ceux qui ont à cœur la cause des pêcheurs à venir nous rejoindre. Mettons nos différends de côté », dit Atma Shanto.

La marche débutera à 13h au Champ de Mars, pour prendre fin au Jardin de la Compagnie, en face des locaux de la DBM. Atma Shanto critique également le commissaire de police, Mario Nobin, « d’avoir modifié le parcours, nous empêchant de passer devant le bureau du Premier ministre ».