Le budget 2015-2016 pose la question des IRS/RES et autres smart cities. C’est une bonne chose ! Pour l’urbaniste que je suis, le modèle urbain mauricien est surprenant. Il va souvent à l’encontre des principes de base du développement durable.  
Tous les pays performants s’appuient sur un réseau urbain mixte et efficace, où l’on habite, travaille, se divertit, se cultive, consomme… La densité organisée génère la performance.
Pour enrayer la problématique de réseaux engorgés et peu performants (adduction d’eau, transports publics, routes…) que connait l’ile, faut-il disséminer, multiplier ou concentrer les pôles urbains ?
La multiplication des pôles urbains a des conséquences économiques, sociales et écologiques très néfastes sur l’ensemble du territoire. Avant de penser villes nouvelles, pourquoi ne pas s’appuyer sur ce qui existe et l’améliorer ? Si les old cities d’hier devenaient les smart cities de demain ?
La question de l’urbanisme des IRS/RES est complètement liée avec celles de tous développements immobiliers et de la qualité de l’aménagement du territoire. Une réflexion globale sur le devenir urbain de l’île est indispensable. C’est évident, l’Ile Maurice a besoin d’attirer les étrangers, pour des raisons capitalistiques, démographiques, de savoir-faire… Mais pourquoi les « parquer » dans des zones imposées ?  Le territoire doit donc présenter certains atouts pour être attractif.  Les seules plages de sable blanc ne suffisent pas. Les étrangers doivent pouvoir acquérir des biens immobiliers, n’importe où, mais dans certaines limites.
Aménager un territoire performant, confortable et attractif est un enjeu majeur pour l’amélioration de la qualité de vie des Mauriciens et pour son attractivité internationale. 
Citons le cas de la ville de Bordeaux, en France, qui se paupérisait et perdait des habitants. Après des travaux urbains de grande envergure (transports collectifs, musées internationaux, rénovation du bâti existant, liens urbains, logements neufs eco-friendly…) elle a gagné de nouveaux habitants, de sièges sociaux, et de nombreux touristes étrangers !
Revitaliser l’aire urbaine majeure, « de Pamplemousses à Curepipe en passant par Port-Louis ».
A Maurice, une telle rénovation est possible. Elle permettrait d’améliorer la qualité de vie des Mauriciens, d’attirer de nouveaux touristes peu intéressés par les plages et des expatriés de haut niveau. Cela passe par:
– La rénovation et le développement des réseaux d’adduction et d’évacuation des eaux
– L’amélioration des transports (voiries dédiées, véhicules confortables et réguliers)
– La mise en valeur du patrimoine architectural et naturel
– La création de centres culturels et de loisirs
– La rénovation du réseau routier
– La production de logements diversifiés de qualité
– La réglementation des implantations commerciales…