Presque 58 mois après les faits dans le bungalow de Roches-Noires, l’ancien Premier ministre et leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, se retrouve, depuis ce matin, sur le banc des accusés en Cour intermédiaire. En effet, le premier procès au criminel, instruit par le Directeur des Poursuites Publiques (DPP), Me Satyajit Boolell, Senior Counsel, dans le cadre de l’opération Lakaz Lerwa Lion, a été appelé Pro-Forma devant la magistrate Renuka Dabee, siégeant en Cour intermédiaire. Navin Ramgoolam et les deux coaccusés, l’ancien directeur général du National Security Service, le Deputy Commissioner of Police Dev Jokhoo, et l’ancien patron de la VIPSU, l’ex-DCP Ravine Sooroojebally, ont plaidé non-coupables du délit de complot dans l’affaire de Roches-Noires avec Navin Ramgoolam, agressé à coups de tournevis par un individu dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011 en présence de Nandanee Soornack.
Le procès a été renvoyé au vendredi 20 mai avec une motion de Me Gavin Glover, Senior Counsel, réclamant un brief complet de la police dans cette affaire, qui a connu des rebondissements avec les rétractations de Rakesh Gooljaury, consignées au Central CID le 11 janvier de l’année dernière. Me Glover, dont les services de même que ceux de sir Hamid Moollan, QC, et Me Showkutally Oozeer, ont été retenus par Navin Ramgoolam, a demandé à la Cour de réclamer de la police tous les documents dans le dossier à charge, notamment le rapport du Forensic Science Laboratory (FSC) de même que les dépositions et entrées au poste de police de Rivière-du-Rempart dans la matinée du 3 juillet 2011 et celles au Central CID.
Intervenant sur la motion de Me Glover, Me Mohana Naidoo, qui représente l’Office of the Director of Public Prosecutions, a informé la Cour que cette dernière instance a adressé une correspondance à ce sujet au commissaire de police, qui compte déléguer un officier de police en Cour avec les documents réclamés lors de l’audience du 20. L’audience de ce matin a été une formalité. Les deux autres coaccusés sont également représentés par des conseils légaux, dont Me Mooloo Gujadhur pour le DCP Jokhoo et Me Nargis Bundhun pour l’ex-DCP Sooroojebally.
La première de la série de comparutions de Navin Ramgoolam devant la Cour intermédiaire a été marquée par la présence des principaux dirigeants du Parti travailliste, dont l’ancien vice-Premier ministre Anil Bachoo, les anciens ministres Suren Dayal, Cader Sayed-Hossen, Mireille Martin et Suttyudeo Moutia, le président du Labour, Patrick Assirvaden, l’ancien Private Parliamentary Secretary Dhiraj Khamajeet et des sympathisants du Labour. Ils ont effectué le déplacement en Cour pour apporter leur soutien au leader du parti.
Pour les besoins de ce procès, le ministère Public a assigné plus d’une quinzaine de témoins pour soutenir l’acte d’accusation. Le plus important d’entre eux est nul autre que le patron de Fashion Style et partenaire d’affaires de Nandanee Soornack, présent sur les lieux au moment des faits du complot reproché aux trois accusés.
Rakesh Gooljaury, qui a déjà plaidé coupable pour le délit d’Effecting Public Mischief dans cette même affaire du bungalow de Roches-Noires, devra revenir en Cour intermédiaire mercredi pour prendre connaissance de la décision au sujet de la possibilité d’un Community Service. Rappelons que l’accusation formelle contre l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam ainsi que l’ancien directeur général du National Security Service, le Deputy Commissioner of Police Dev Jokhoo, et l’ancien patron de la VIPSU, le DCP à la retraite Ravine Sooroojebally, avait été logée en cour intermédiaire le 19 avril.
L’accusation retenue par l’Office of the Director of Public Prosecutions suite à la nouvelle enquête du Central CID sur l’affaire Roches-Noires, rouverte depuis le début de janvier de l’année dernière, est « Conspiracy to do an unlawful act, namely effecting public mischief in breach of Section 109 of the Criminal Code ».
Dans sa déposition-rétractation du 11 janvier 2011, Rakesh Gooljaury, celui dont les allégations ont mené à l’arrestation de Navin Ramgoolam,  Dev Jokhoo et Rampersad Sooroojebally, a confirmé que « mo pa ti laba mwa. Navin inn dir mwa pran sa sarz-la ». En cour, il avait soutenu qu’il avait donné de fausses déclarations parce qu’il « n’avait pas le choix » car Navin Ramgoolam était « son ami » et « avait insisté » pour qu’il aille rapporter le cambriolage allégué à la police.