Depuis le début de ce mois, une quarantaine de jeunes Mauriciens, habitant principalement des agglomérations du Sud et de l’Est de l’île, vivent un véritable cauchemar. Pourtant, jusque-là, ils caressaient l’idée d’une carrière de rêve à bord des croisières de Princess Cruises, une compagnie de réputation internationale. Ils n’attendaient que les deux visas, soit le D-Visa (Multiple) et C/1 Visa (Multiple), valides pour une période d’une année de l’ambassade américaine à Port-Louis pour faire le grand saut. Ces documents ne se sont jamais matérialisés et leur déception d’être victimes d’une escroquerie au niveau international est aujourd’hui aussi grande que cet espoir d’embrasser une carrière glamour sur les mers du monde. Devant les premiers signes qu’ils pourraient être embêtés par les autorités, les recruteurs locaux de D & R Cruisse Management & Services Ltd, dont le siège social est situé à Camp-Ithier, Centre-de-Flacq, ont pris les devants en promettant de procéder aux remboursements nécessaires et en se présentant comme étant victimes d’un racket international présumé.
Quand la quarantaine de Mauriciens venant principalement des régions comme Mahébourg, Surinam, Souillac ou même Flacq, avaient postulé pour différents jobs à bord des croisières de Princess Cruises, suite à des appels publiés dans la presse, ils n’avaient aucune raison d’imaginer qu’ils allaient être pris au piège d’une escroquerie. D’abord, les représentants de D & R Cruisse Management, dont un dénommé Varunsingh Ramburuth, avaient fait les choses de manière grandiose. Le nombre de victimes pourrait être plus élevés, à en croire les indications disponibles.
La présentation des différentes possibilités d’emploi pour les Mauriciens et les conditions de recrutement au nom de la Princess Cruises s’est déroulée dans des salles de conférences des plus importants Town Hotels de l’île, que ce soit à Port-Louis ou dans les Plaines-Wilhems. Les interviews des candidats ont été invariablement menés dans ces mêmes établissements hôteliers de renom. Aucune crainte à entretenir à ce stade.
Pour les besoins des procédures de recrutement, du transfert des documents personnels des candidats au QG de Princess Cruises au Canada, chaque postulant devait effectuer un versement de Rs 40 000. Ils ont eu également à subir une série de tests médicaux que ce soit pour les besoins du recrutement ou encore pour les dossiers à être soumis subséquemment aux autorités américaines pour les visas. Jusque-là, les aspirants employés sur les croisières étaient, semble-t-il, rassurés.
Après cette étape initiale des démarches, les candidats sélectionnés avaient accusé réception d’une Confirmation Letter sur du papier à-en-tête de Princess Cruises et signée d’un dénommé Gregorio Diez, se présentant comme le Human Resource Manager du groupe international. Ce même document était contresigné du représentant local de D & R Cruisse Management & Services Ltd. Cette même documentation comprenait un Memo informant les candidats qu’ils devraient se rendre à Miami pour prendre leurs emplois respectifs sur les paquebots le 6 juillet.
Mais, auparavant, ils devront recevoir les deux visas susmentionnés pour pouvoir effectuer le déplacement aux États-Unis en vue d’entamer leurs carrières professionnelles.
Toutefois, cette attente pour les visas allait être longue, pour ne pas dire interminable. Avec l’approche de l’échéance du 6 juillet et ne voyant aucun développement sur le plan des visas, les premiers signes d’appréhension et d’inquiétude se manifestent. Pour tenter de calmer cette impatience, certaines des victimes ont pris contact avec l’ambassade américaine pour des vérifications. Grand a été leur étonnement d’apprendre qu’il n’y avait aucune demande de visa logée en leurs noms.
Du côté de la direction de Princess Cruises, l’on faisait comprendre qu’aucune compagnie mauricienne n’est autorisée à procéder au recrutement des membres d’équipage pour les croisières. Les Mauriciens ne voulant pas croire à leurs oreilles devaient se rabattre sur les représentants locaux de Camp-Ithier. Ces derniers devaient réclamer du temps pour tirer au clair cette affaire.
Mais la pression se fait de plus en plus sentir avec des premières dépositions consignées. Et surtout, la décision de la compagnie multinationale Princess Cruises de soumettre tout le dossier à Interpol pour initier une enquête. En fin de semaine, aucune indication n’était disponible si la représentation locale d’Interpol aux Casernes centrales avait déjà été approchée à cet effet.
Face à des développements à venir, D & R Cruisse Management & Services Ltd a établi des contacts avec des conseils légaux et d’autres spécialistes « to examine the potential scam that we have fallen victim to in regards the recruitment of individuals to work on cruise ships run by Princess Cruises ». C’est ce qui ressort d’un communiqué émis en guise de commentaires de la part de la direction.
Plus loin, Varunsingh Ramburuth ajoute que « my lawyers are also establishing contact with the company overseas and also the authorities concerned with a view of ascertaining the root of the presumed scam. Rest assured D & R Cruisse Management and Services Ltd will leave no stone unturned and will do its utmost to get to the bottom of everything and those foreigners behind this scam ». Il lance un appel au calme aux aspirants employés à bord des croisières en donnant la garantie que les remboursements seront effectués en temps et lieu.
A ce stade, si le Central CID décide de se saisir de ces allégations d’escroquerie, les premiers qui devraient faire l’objet d’interpellations ne devraient être nul autre que les représentants locaux ayant procédé au recrutement. En fin de semaine, aucune confirmation quant au démarrage de cette nouvelle enquête à rebondissements…