Malgré l’entrée en vacances de l’Assemblée nationale jusqu’au 13 septembre prochain, soit quatre jours après le passage du Pape François dans l’île, les parlementaires et les hommes politiques en général sont loin d’être au repos. En fait, pour la classe politique en cette fin d’hiver, cela s’annonce chaud…

Tous les partis politiques ont déjà mis en branle leur arsenal électoral. Personne n’est dupe quant à la tenue de l’élection partielle dans la circonscription Piton-Rivière du Rempart sachant très bien que le Nomination Day, le dépôt de candidatures et la date fixée pour cette élection prévue pour le 13 novembre ne sont que formalités d’usage en vue de respecter les dispositions constitutionnelles. Et si l’on prend le risque de pousser le raisonnement jusqu’à l’absurde, on pourrait parier qu’à la place de l’élection partielle, on ait droit à des élections générales durant le mois de novembre. Cette possibilité se précise de plus en plus.

C’est ce qui explique que la marmite politique soit déjà en pleine ébullition. La pression monte dans tous les états-majors politiques en vue de finaliser leurs programmes électoraux et la liste des candidatures. L’avenir de pratiquement tous les hommes politiques repose désormais entre les mains de leurs leaders. Tel est le cas pour tous les partis, même ceux au pouvoir. Très peu de prétendants des différents partis peuvent affirmer avec certitude qu’ils seront candidats aux législatives.

Durant la semaine écoulée, ce sont surtout les tractations des anciens membres du MMM qui ont retenu l’attention. Kavy Ramano, qui a connu des fortunes diverses depuis son départ du MMM en avril 2015 et qui siège depuis plusieurs mois comme indépendant après un bref passage au Mouvement patriotique, a fait sensation en annonçant son adhésion au MSM. Son choix s’explique par le fait qu’il est très difficile d’affronter seul l’électorat dans le cadre des élections générales. Il est cité comme un des candidats probables du MSM dans la circonscription Belle-Rose/Quatre-Bornes où il a toujours milité et dispose de bon nombre de partisans même en évoluant comme indépendant. On ne sait s’il votera avec le gouvernement à la reprise des travaux en septembre. Steven Obeegadoo et Françoise Labelle, qui s’étaient associés à Pradeep Jeeha pour créer la Plateforme pour un nouveau MMM, ont choisi de se séparer. Aujourd’hui certaines sources non confirmées présentent Obeegadoo comme candidat de l’alliance gouvernementale dans la circonscription La Caverne/Phoenix.
Même s’il n’a pas annoncé son adhésion au Parti travailliste, Pradeep Jeeha affiche ouvertement une grande familiarité avec ce parti que ce soit sur le plan privé que public.

Il continue en ce moment sa campagne en faveur d’une allocation plus raisonnable pour les petits planteurs de canne. Au sein de l’alliance gouvernementale, le leader du ML, qui devra renégocier son contrat avec le MSM, veut consolider son parti en puisant du côté du MMM. Ivan Collendavelloo se présente comme le vrai rassembleur des militants et invite tous ceux qui sont insatisfaits du MMM à le suivre. Une chose est sûre, le ML voit d’un très mauvais œil une alliance du MSM et du PMSD. Il traite le PMSD ainsi que le MMM de petits partis. Comme le MMM a déjà annoncé qu’il compte se présenter seul aux élections, la remarque du leader du ML, qui n’a pas précisé si son parti relève du grand ou du petit, semble maintenir le PMSD loin de l’alliance gouvernementale. Le PMSD continue, pour sa part, à brouiller les cartes en ce qu’il s’agit du parti avec lequel il compte conclure une alliance électorale. Xavier-Luc Duval a fait comprendre récemment qu’il ne regrette pas d’avoir quitté l’alliance Lepep sans préciser son intention future. À notre avis la situation restera floue jusqu’à la dissolution du parlement. La situation ne s’éclaircira définitivement qu’au Nomination Day. Entretemps les spéculations, les fake news, les ballons-sondes continueront à faire rage sur les réseaux sociaux.