Le Dr Sarita Boodhoo, présidente de la Bhojpuri Speaking Union, s’est donné pour mission de revaloriser la langue et la culture bhojpuri à Maurice. Cette langue héritée de nos ancêtres a connu une nouvelle dynamique avec l’inscription des chants traditionnels, le geet gawai en décembre 2016 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO à Addis-Abeba en Ethiopie. Le BSU a aussi organisé un Bhojpuri Utsav dimanche dernier au IGCIC en présence du ministre indien, Shri Kairaj Mishra. Lors d’un entretien à Week-End, Sarita Boodhoo a livré le fonds de sa pensée.
L’organisation du Bhojpuri Utsav dimanche dernier au IGCIC a été un grand succès. Comment situez-vous cette démarche ?
Le bhojpuri est la langue de la souffrance, la langue du coeur et des sentiments. Organisé sous l’égide du ministère des Arts et de la Culture et la Haute Commission indienne, cette manifestation a été une occasion pour montrer à Shri Kairaj Mishra, le ministre indien des Petites et moyennes entreprises, comment les traditions orales, les chansons et les rites ont été préservés. Il a été émerveillé par la prestation des danseuses du geet gawai, tels les sandhyas, jhumars, sohars, entres autres. L’héritage des travailleurs engagés venus à Maurice en 1834 avec leurs pratiques religieuses, leurs croyances, leurs livres sacrés et leurs croyances, et leurs ustensiles de cuisine, a suscité une grande émotion chez le distingué visiteur. Shri Kairaj Mishra, il faut le préciser, est originaire du bhojpuri belt et a vu le jour à Malikpur dans le district de Ghazipur. Très actif dans le district de Deoria, il a sensibilisé la masse sur le rôle et l’importance de la langue bhopuri et il a lors de son discours mis l’accent sur le rôle joué par Maurice concernant la transmission culturelle, la préservation et la promotion du bhojpuri. L’aspect culturel a été sauvegardé tout comme le jeu traditionnel Oka Boka Teen Taloka. 183 ans après, le bhojpuri est toujours vivant et a gardé sa vibrancy, et cette langue utilisée par plus de 200 millions de gens à travers le monde a su malgré la modernité garder son authenticité. Il faut souligner que les travailleurs engagés embarqués à Calcutta étaient issus de Bihar, mais également d’Uttar Pradesh notamment des districts de Gorakhpur, Gonda, Basti, Mirzapur, Jaunpur, Bénarès, Azamgarh, Ghazipur et Ballia. Cette connectivité et cette diversité des travailleurs des champs fait qu’ils étaient les descendants de Ram étaient connus pour leur lutte, leur bravoure. Le Rasika Dance Academy et Abdullah Latiff ont fait découvrir les multiples facettes du bhojpuri.