Alors que le diocèse de Port-Louis commémore aujourd’hui le 153e anniversaire de la mort du Père Laval, la question est à nouveau sur les lèvres de beaucoup de Mauriciens : « Kan li pou vinn enn sin ? ». Le père Bernard Hym, à Maurice depuis bientôt 30 ans et spécialiste du « dossier Père Laval », apporte un éclairage intéressant sur le sujet. Rome, explique-t-il, attend toujours le « vrai miracle indiscutable » mais Bernard Hym a le ton très optimiste sur l’événement que l’Église à Maurice attend. « J’ai l’impression que nous sommes arrivés à l’heure de la canonisation », dit dans l’interview qui suit celui qui sera nommé dans quelques jours vice-postulateur pour le dossier de canonisation. Ce dernier, auteur déjà de plusieurs ouvrages sur le Père Laval – et qui en a trois autres en préparation –, livre aussi son témoignage personnel : « Travailler avec le Père Laval est une expérience qu’on n’explique pas, mais qu’il faut vivre. »
Trente-huit ans après la béatification du Père Laval, où en est-on avec le dossier de canonisation ??
Il nous manque toujours le miracle indiscutable que Rome peut accepter. Un miracle pour lequel un médecin accepterait de signer un certificat attestant la guérison immédiate et totale, et en disant aussi que la science n’est pas capable d’expliquer le miracle qui s’est produit. En outre, il faut la pérennité de la guérison. Les Mauriciens ne doivent pas être déçus que le Père Laval ne soit pas encore devenu saint. Il ne faut pas oublier que depuis sa béatification, le Père Laval est déjà reconnu comme saint par les Mauriciens d’ici et d’ailleurs. Mais dans le calendrier des célébrations des Saints, valeur du jour, le Père Laval est reconnu et fêté dans l’océan Indien ainsi qu’en Normandie, son pays de naissance, et dans les pays où il y a des communautés de spiritains. Ce qui va changer avec la canonisation, c’est qu’il sera reconnu comme saint dans le monde entier.