Le Front commun des syndicats du transport a réuni hier environ 200 conducteurs d’autobus, de taxi et de camion en vue de l’introduction du permis à points dans le cadre des amendements qui seront apportés à la Road Traffic Act et présentés mardi en première lecture au Parlement. Ses représentants en appellent à la mobilisation des conducteurs professionnels, déplorant que ce projet de loi a été préparé sans les avoir consultés. Le Front commun brandit même la menace d’une manifestation ou d’un go slow.
Les membres du Front commun des syndicats du transport (FCST) sont remontés. Ils estiment que le ministère des Infrastructures publiques et du Transport intérieur aurait dû consulter les chauffeurs de van, d’autobus et de taxi avant d’aller de l’avant avec ce projet de loi, The Road Traffic (Amendment) Bill, faisant provision pour l’introduction du permis à points. Ces derniers estiment que les propositions des chauffeurs professionnels devraient être prises en considération. Ils arguent que si le permis de conduire leur est retiré temporairement, ils perdraient leur gagne-pain et se retrouveraient au chômage.
Prenant la parole en premier, Yousouf Chotoye, président du FCST, demande à tous les conducteurs de se mobiliser ; il a proposé l’institution d’une table ronde avec le ministre des Infrastructures publiques et du Transport intérieur, les techniciens du transport et les syndicats. L’objectif du permis à points consiste à éviter l’infraction et sa récidive. La perte de points constitue une alerte, incitant ainsi le conducteur à un comportement responsable menant vers la sécurité routière. Mais pour Yousouf Chotoye, cette mesure ne ferait pas reculer le nombre d’accidents de la route.
Raffick Bahadoor, président de la Taxi Proprietors Union et membre du front commun, abonde dans le même sens en déplorant qu’une ébauche à ce projet de loi ne leur a pas été fournie préalablement à la présentation des amendements au Parlement mardi. « Les travailleurs du secteur du transport ne sont pas au courant du contenu de cette loi », déplore Raffick Bahadoor. « Cette loi a été préparée en catimini. Telle qu’elle est, elle pénalise à 100 % les chauffeurs du secteur du transport », soutient le président de la Taxi Proprietors Union.
Le FCST remettra une lettre au Premier ministre, Navin Ramgoolam, en vue d’une rencontre afin de discuter de la situation du secteur du transport et des implications du projet de permis à points et la manière dont les conducteurs professionnels en seront affectés. Un go slow, voire une manifestation, n’est pas à écarter, laisse d’ailleurs entendre Yousouf Chotoye. « Inn ler pou azir. »