Après une saison marquée par une nouvelle collection de robes de mariées et un défilé au Carrousel du Louvre, le créateur mauricien Perry Ah-Why fait une pause au pays avant de retrouver sa boutique dans le neuvième arrondissement de Paris, capitale de la mode.
Au temps de ses débuts à Paris, Perry Ah-Why rêvait parfois de collaborer avec les plus grands noms de la mode. Aujourd’hui, le créateur mauricien n’y pense plus. Dans le neuvième arrondissement de la capitale française, où il a aménagé la boutique qui porte son nom et qui expose sa griffe, Perry Ah-Why est un créateur indépendant, qui savoure pleinement un grand luxe : sa liberté. Grâce à elle, le couturier a tissé sa réputation auprès d’une clientèle exigeante et occupe désormais une place non négligeable sur le marché très sélect du sur-mesure, à Paris.
Dix ans après avoir posé sa valise au pays de la mode, Perry Ah-Why ne court qu’après un seul rêve : conserver cette liberté qui lui a ouvert bien des portes. Un brin de fantaisie, une alliance entre l’imaginaire et la nature, une part belle à la tradition et au rêve, un style unique, des matières de qualité… Voilà ce que propose Perry Ah-Why à celles qui franchissent le seuil de sa boutique. “Et beaucoup de disponibilité !”, ajoute-t-il, les yeux rieurs. La disponibilité, dans son métier où la concurrence est rude, est plus qu’une qualité. Plus qu’un atout, elle est sa marque de fabrique.
Birkin.
En vacances dans son île, Perry Ah-Why, un fidèle de Scope, nous présente sa dernière collection, visible lors de son passage et de son défilé en octobre 2011 au Carrousel du Louvre, un shopping mall underground situé sous la fameuse pyramide inversée du grand musée parisien. Il souligne que la participation de sa marque à cette exposition n’a pas échappé à la presse et à la caméra de la chaîne M6.
Dans le milieu, la publicité n’est jamais de trop, même si Marie-Claire Mariage et d’autres titres dédiés à la mode et aux tendances présentent régulièrement ses créations. “Il arrive que les séances de photo se passent à Maurice, dans des hôtels de luxe. J’en prends connaissance lorsqu’on me ramène les robes de mariées”, confie Perry Ah-Why.
Mais la meilleure des publicités demeure le bouche à oreille. C’est aussi grâce à cette vieille technique qu’il a habillé et habille toujours des mariées très exigeantes de France et d’ailleurs. Et lorsque l’actrice Jane Birkin sort de sa boutique avec des accessoires portant sa griffe, il est heureux de savoir que son talent peut aussi séduire les people.
Rêve.
C’est dans son atelier, au sous-sol de sa boutique, que Perry Ah-Why réalise la robe de rêve de ses clientes. “Pourquoi ai-je une prédilection pour cette robe ? Parce qu’elle représente le rêve d’une femme pour un jour qui doit être unique !”, confie Perry Ah-Why.
Pour rester unique, le créateur préfère travailler seul. Sortir à chaque saison une quinzaine de robes de mariées, des tenues de mariage et des accessoires, dont des bijoux, n’est même plus un défi pour lui. De temps en temps, des élèves en stylisme et couture lui prêtent main forte, mais Perry Ah-Why reste le seul maître à bord, et cela lui plaît. Les longues heures passées à l’atelier ne l’incommodent pas. C’est un choix qu’il fait rimer avec plaisir. Le temps n’étant pas un obstacle à la créativité, Perry Ah-Why s’accorde le luxe de travailler des tissus de qualité pour les sublimer.
Dentelle.
S’il ne laisse pas transparaître ses origines insulaires dans ses créations, la présence avec parcimonie de couleurs et de fleurs exotiques rappellent en revanche subtilement l’influence mauricienne. “Le blanc et le blanc cassé prédominent. Je ne suis pas pour des robes de mariées aux couleurs vives. C’est toujours mon côté traditionnel qui prend le dessus”, précise Perry Ah-Why. Le grand retour de la dentelle, après le mariage de Kate Middleton et du prince William, n’est pas pour déplaire au jeune créateur. Cette matière d’époque et à la fois intemporelle a tout pour séduire Perry Ah-Why.
Après vingt ans de métier et dix ans de carrière à Paris, le Mauricien rêve de célébrer son parcours en présentant un défilé au pays natal. Là où tout a commencé après ses études secondaires. Qu’il est loin le temps des bouquets et des croquis !