Le Premier ministre a manifesté hier sa détermination à aller de l’avant avec l’amendement constitutionnel et le Good Governance and Integrity Reporting Bill qui ont été présentés en première lecture à l’Assemblée nationale. « Rien ne m’empêchera d’assainir la société », a lancé sir Anerood Jugnauth lors de l’inauguration d’un multipurpose complex jouxtant le Beau-Séjour Piton Vishwanath Temple Association. Il a par ailleurs considéré que la députée Danielle Selvon, qui a critiqué publiquement les textes de loi, n’a pas respecté la discipline du MSM. Cette dernière devait, plus tard, soumettre sa démission du MSM.
Dans son discours, le Premier ministre a soutenu que l’ancien gouvernement avait fait de la corruption et des scandales une culture. « Pa ti pou kapav reconstruire lors enn soubassement pourri », a-t-il dit a affirmant qu’un nettoyage s’imposait dans l’intérêt du pays et du peuple. « Pa kapav laisse dimounn enrichir zot lor ou ledo », a-t-il poursuivi. Il a rappelé avoir pris l’engagement d’apporter un vrai changement. Afin d’honorer cette promesse, il faut apporter de nouvelles législations et de nouveaux règlements. « Mo pou fer li », a-t-il dit en insistant que « rien ne pourrait m’arrêter pour assainir la société et assurer qu’il y ait plus de transparence et de justice ». À son avis, seules les personnes malhonnêtes sont inquiètes par les législations qui sont adoptées dans ce pays. Il a dénoncé ceux qui font de la politique afin d’amasser une fortune. Les vrais politiciens ne peuvent agir de la sorte, a-t-il soutenu. Sir Anerood Jugnauth a rappelé d’autre part qu’en même temps que le travail de nettoyage se poursuit, son gouvernement s’est engagé dans un processus de reconstruction. « Ce qu’on sème aujourd’hui, on doit le récolter plus tard ». Pour lui, il faut qu’il y ait de la croissance afin que le secteur privé puisse créer des emplois par milliers alors que le gouvernement en créera quelque 7 000 d’ici juin de l’année prochaine.
Interrogé par la presse à la fin de la réunion sur la possibilité de faire adopter l’amendement constitutionnel et le Good Governance and Integrity Reporting Bill, il a affirmé que « si je n’étais convaincu, je n’aurais pas apporté le projet de loi. J’écoute certaines critiques et peut-être que nous apporterons certains amendements. Dans sa substance, je pense que c’est une loi absolument vitale pour le pays si nous voulons nous débarrasser de la corruption et des richesses acquises illicitement ». Invité à dire s’il compte revoir l’amendement constitutionnel présenté au Parlement, il a observé que « quand nous le ferons vous saurez alors ce que nous faisons ».
Interrogé sur la prise de position de Danielle Selvon contre les projets de loi, le Premier ministre a observé que « dans ce pays nous sommes libres de penser comme nous voulons ». « Cependant il y a quelque chose qui s’appelle la discipline. Si vous appartenez à un parti, il faut accepter la discipline du parti sinon vous n’auriez pas dû y adhérer. Si elle n’est pas d’accord avec quelque chose, elle ne peut pas aller voir l’opposition et commencer à faire des critiques dans les journaux comme certains le font. Elle aurait dû venir nous voir et discuter. Je suis d’accord qu’à la lumière des recommandations on apporte un petit amendement. Ce n’est pas un crime », affirme SAJ.