Les citoyens unissent leurs forces pour sauver nos plages publiques. Celles-ci, très convoitées par les groupes hôteliers, ne cessent en effet de disparaître, laissant les pique-niqueurs sur leur faim. Dans le Sud, certaines plages pourraient même disparaître avec l’implantation de nouveaux établissements hôteliers. C’est en tout cas ce que craint le Forum Citoyen Libre (FCL), qui tire la sonnette d’alarme sur ce danger potentiel.
Si la Beach Authority (BA) se vante de mettre à la disposition du public de nouvelles plages, le pique-niqueur mauricien, lui, dit être attaché à certaines plages publiques considérées comme « attrayantes » mais qui, au fil des années, sont victimes d’un rétrécissement du fait de l’implantation de divers projets commerciaux. Pire, certaines – à l’instar de Saint-Félix, Grand-Baie, Trou-aux-Biches ou encore Le Morne – perdent leur « statut » de plage afin de faire place à des projets commerciaux, hôteliers ou autres. Une pratique qui a pris de l’ampleur depuis une dizaine d’années, causant une frustration parmi les Mauriciens qui préfèrent passer leurs jours de congé à la plage.
Durant ces sept dernières années, nombreux ont été les projets ayant menacé les plages publique, lesquelles ne représentent plus que 40 km sur les 300 km que compte le littoral. À Saint-Félix, deux arpents et 55 perches ont été « déproclamés » en février 2005 afin de donner vie à un projet de spa hôtelier sur le littoral alors qu’au Morne, neuf perches ont été allouées au Prime Minister’s Office pour un Coastal Surveillance Radar System en 2010. Si de tels projets privent carrément les Mauriciens de leurs plages les plus prisées, celles qui sont « plus ou moins intactes » sont envahies par les marchands ou d’autres commerçants louant des transats et offrant des activités nautiques aux plagistes.
Le FCL, engagé à travers la Platform Sov Nou Laplaz, tire la sonnette d’alarme sur la menace qui pèse sur les plages du Sud. Selon Georges Ah Yan, porte-parole du FCL, « plusieurs plages du Sud seraient dans le viseur des promoteurs » hôteliers. « Ce n’est plus qu’une question de temps… » lance ce dernier, rappelant que la route côtière a été refaite, voire déviée, afin de faire place à de tels projets. « Cela prive les pique-niqueurs d’une bonne partie de la plage », soutient Georges Ah Yan, qui revient également sur l’argument avancé par les hôteliers afin de convaincre les Mauriciens de la bonne foi des établissements.
Pointant du doigt le rôle de la BA, la plateforme réclame sa dissolution. « La gestion de nos plages ne peut se faire selon l’humeur du directeur ou du président de la BA. Il faut que cette gestion soit du ressort du District Council, et ce en concertation avec le ministère des Terres et du Logement », soutient notre interlocuteur.
En ce qui concerne la « déproclamation » des plages, le FCL lance un appel aux autorités, lesquelles opèrent « sans consulter le public », pour que celles-ci se « ressaisissent ». Concernant la présence des marchands sur les plages publiques, le FCL s’engage dans des pourparlers avec les autorités afin qu’un site commercial leur soit alloué. « Cela doit être un espace où les marchands de plage viennent s’installer le matin pour rentrer le soir. Aucune structure en béton ne doit être permise sur les plages publiques, même si la présence de marchands aux abords des plages permet aux pique-niqueurs de se ravitailler durant la journée », précise-t-il. Le FCL estime que la canalisation des marchands ambulants est « extrêmement importante ».