Le Premier ministre sortant et leader de l’Alliance PTr/MMM, Navin Ramgoolam, a clairement fait comprendre samedi soir à Plaine-des-Papayes qu’après le scrutin du 10 décembre, c’est lui seul qui serait Premier ministre « et personne d’autre ». « Ekout mwa byin, zame ki apel zame mo pa pou aksepte al asiz dan Réduit. Je suis un travailleur, je travaille 18 heures par jour », a-t-il lancé à son auditoire. Le leader du MMM, Paul Bérenger, a de son côté fait état d’un gros problème d’eau et de fourniture électrique en 2015 dans le pays. « Me les sa dan mo lamin, zot konn mo kapasite travay », a-t-il dit.
Pour Navin Ramgoolam, il faut un équilibre entre le Premier ministre et le Président de la République s’agissant de leurs pouvoirs respectifs mais, a-t-il souligné, « un président ne peut pas avoir de pouvoirs s’il n’est pas élu par le peuple ». « C’est pourquoi j’ai insisté pour que le président soit élu au suffrage universel », a-t-il indiqué, en rappelant que Paul Bérenger avait proposé que le président soit élu par les parlementaires. « J’ai aussi insisté pour que le Président puisse présider le conseil des ministres quand il le souhaite car les décisions sont prises là-bas, pas au Parlement ». Il a aussi rappelé avoir insisté pour que le Président ait son mot à dire dans les nominations et les révocations des ministres et des hauts fonctionnaires. Mais, a-t-il ajouté, « le Premier ministre doit également avoir ses pouvoirs ». « Pa kapav li pena naryen », a-t-il déclaré, avant d’estimer que « c’est une des meilleures solutions pour l’île Maurice, une vision à long terme ».
Auparavant, Navin Ramgoolam n’a pas voulu entendre des slogans tels que « 60-0 » venant de ses partisans. D’un ton agressif, il leur a fait comprendre qu’une élection n’est jamais gagnée d’avance. « Aprann sa premye, mo byin sagrin pou dir zot, mo bizin fer zot ledikasion. Bizin travay », leur a-t-il martelé. Il a réclamé un sens de discipline de la part de ses partisans et leur a fait comprendre « ki kan eleksion fini, letan bwat kase ki ou fete, pa avan ». Navin Ramgoolam a aussi critiqué certains ministres « ki get rezilta eleksion divan televizion kouma piblik ». « Zot bizin laba kot pe kont vot. Mo papa ti lev boner ti pe al lekol kot pe vote », a-t-il affirmé. Pour lui, Paul Bérenger peut s’asseoir chez lui et remporter les élections mais « mwa mo bizin vinn dir ou pa fer jaat paat, vot blok. Mo ankor pe fer sa mem la. Pourtan, ledikasion gratis dan pei », a-t-il fait ressortir. Au début même de son intervention, le Premier ministre a interpellé quelques jeunes qui faisaient du bruit à côté en ces termes : « Zot pou koze me la, vinn la zot koze, mo ena enn mesaz pou mo pase. »
Le leader du MMM, Paul Bérenger, a aussi rappelé ses partisans à l’ordre en leur demandant de ne pas trop exagérer car « ziska dernie minit, eleksion se eleksion, fale pa deklar fezer, nou pe gagne 60-0 ». Par la suite, il a fait le procès de certains candidats de l’Alliance Lepep, dont Raj Dayal, Roshi Bhadain, Raouf Gulbul, Manish Gobin, Ravi Rutnah et Sandhya Boygah. « Tou saki nou finn zete, zot ramase. Nous, nous avons des candidats intègres et respectueux ; de l’autre côté, ena kandida ki ena kes kont zot. Mo kwar pou bizin met enn prizon spesial pou lot kote », a-t-il lancé.
Paul Bérenger a, à nouveau, déclaré vouloir faire de Maurice un pays modèle dans le monde, avant de parler de relance économique qui, selon lui, sera difficile à cause de la crise économique mondiale. « Mais nous allons la relancer car nous avons des nouvelles idées et une très bonne équipe. Li pa fasil, me nou pou fer li », a-t-il ajouté.
Les trois candidats de l’Alliance PTr/MMM, Jay Prakash Meenowa, Mahend Gungapersad et Raj Pentiah, de même que Reza Issack ont pris la parole à ce congrès nocturne présidé par Mahen Utchanah.