Androïde : automate dont l’aspect évoque l’homme. Mais notre Android n’a rien du robot qui remue pieds et mains dans une quête d’imitation du genre humain. Avinash Meetoo, directeur de la société Knowledge 7, nous résume Android, la plate-forme informatique.
Projetons-nous. L’île Maurice, dans cinq ans : les enfants reviennent de l’école, prennent leur goûter tout en tapotant leurs tablettes numériques ; on entre dans le bus, des smartphones à tout va ; tous les bus sont Wi-Fi (ou autre chose de plus performant)… Et enfin, la plate-forme Android remue notre petite société. Ce n’est pas une possibilité éloignée. Voyons pourquoi.
À Avinash Meetoo de dessiner le tableau : « Selon un rapport de Fortune, Android est en première place des ventes : presque 40 % du marché contre 25 % pour l’iPhone ». Mais il ne s’agit pas d’un téléphone, n’est-ce pas ? Le profane pourrait déjà être dérouté.
Android, c’est quoi ?
Pas un smartphone, ni une tablette. Android, c’est ce qu’il y a à l’intérieur du smartphone, de la tablette : un système d’exploitation (ou plus, une plate-forme, mais nous y reviendrons) comparable au système iOS d’Apple qui régit iPhones et iPads et comparable à Windows Mobile, au Symbian de Nokia, entre autres.
« Mais comment se fait-il que tous les téléphones sont Android ? » serait-on tenté de demander. Question juste. Les smartphones Samsung, HTC, Sony Ericsson et LG fonctionnent tous sous Android sans pour autant que la marque soit Android. Pour effacer toute confusion, il est important de faire le distinguo entre le software et le hardware. Pour faire simple, disons que le hardware – les circuits, l’écran, la caméra – font la marque et que le software (logiciels, tout l’aspect programmation) peut être outsourced d’où le fait que plusieurs fabricants se partagent souvent le même système d’exploitation.
Comment expliquer qu’Android équipe 40 % des smartphones vendus ? « Le grand avantage d’Android, c’est qu’il est open source, donc en accès libre ; le code (ndlr : la programmation) d’Android est disponible gratuitement sur internet », souligne Avinash Meetoo. Les implications sont que n’importe qui peut accéder au code, le modifier, le faire évoluer… le développer. Android est en mouvement constant.
Quels en sont les avantages commerciaux ? Déjà, Android est gratuit. Il revient moins cher d’adapter Android que de créer un système d’exploitation à partir de zéro. Par exemple, HTC, Sony Ericsson, LG et Samsung profitent du caractère ouvert d’Android pour modifier l’interface originelle et ainsi apporter une valeur ajoutée au téléphone.
L’attribut open source est donc un pilier de la démocratisation de la technologie. C’est en partie grâce à Android que l’on peut aujourd’hui se procurer un smartphone à Rs 7 000.
Android : une plate-forme, un univers
« Android, c’est plus qu’un système d’exploitation… Nous parlons là de plate-forme, de tremplin », nous précise Avinash Meetoo. La plate-forme englobe le système d’exploitation (dans le cas d’Android, un noyau Linux) et les programmes d’application (communément appelés apps) qui peuvent être des traitements de texte, des tableurs, des logiciels de jeux téléchargeables sur market.android.com… Le système d’exploitation est comme l’agent qui régule la circulation à un carrefour tandis que les programmes d’application sont comme les différentes voitures, les cyclistes, les piétons… qui empruntent le carrefour.
En pratique, Android comporte un bureau virtuel étendu sur plusieurs parties. Chacune est personnalisable et il est possible d’y mettre des raccourcis (vers des applications, des fichiers, des dossiers, des contacts, etc.) ou des widgets (calendrier, horloge, notes, etc.).
Android propose également la centralisation des informations où, par exemple, la barre du haut (de l’interface) reçoit les statuts (réseaux utilisés, niveau de batterie, modes vibreur/sonnerie/silencieux, alarme, etc.) et les notifications. Celles-ci proviennent des applications, et peuvent avertir de l’arrivée d’emails, de SMS, entre autres.
Android, l’avenir ?
Android est un produit Google. « Et on entrevoit bien le master plan de Google, soutient Avinash Meetoo, avancer vers The Application ». En effet, tout concorde vers cela. Le projet intégré de Google, tout intégrer dans Google + : mail, cartes, réseau social… Et tout cela à portée du smartphone, via Android. Android, plus qu’une plate-forme virtuelle donc, un tremplin marketing, une stratégie.
Steve Jobs s’était dit « déçu » de la démarche de Google de venir marcher sur les plates-bandes d’Apple. Une déception qui avoisine la peur ? Rendez-vous dans quelques années. Mais retenons la devise de Bill Gates : « En informatique, on est toujours à deux années de la banqueroute ». Il y a quinze ans, Google n’existait pas et dans cinq ans, il n’y aura peut-être ni Google ni Apple – si toutefois Android comble son retard sur la firme à la pomme pour les applications musicales. Handicapé par une latence audio (temps qui s’écoule entre le moment où l’on joue une note et celui où on l’entend) qui rend le jeu en temps réel quasiment impossible, Android peine pour l’instant à convaincre ceux qui veulent jouer de la musique sur leur portable ou leur tablette, domaine dans lequel l’iPad et l’iPhone restent rois.