La Fédération des travailleurs unis (FTU) dénonce « la politique de deux poids, deux mesures » en ce qui concerne la sécurité des travailleurs lors des pluies torrentielles. Elle ne comprend en effet pas pourquoi le gouvernement décide de relâcher les travailleurs du secteur public, mais laisse le choix aux patrons en ce qu’il s’agit du secteur privé. Elle souhaite une provision de la loi, applicable à tous les travailleurs, indistinctement des secteurs, et se prononce contre le protocole du secteur privé.

Atma Shanto, conseiller technique de la FTU, a écrit au ministre Soodesh Callichurn pour lui faire par de son inquiétude concernant la sécurité des employés du secteur privé. Il dit noter que les conditions climatiques extrêmes, comme les pluies torrentielles et les « flash floods », sont de plus en plus fréquentes à Maurice.

Aussi souhaite-t-il une politique nationale afin de s’assurer que tous les travailleurs du pays sont protégés de manière équitable. « On l’a vu à deux reprises récemment, le gouvernement décide de laisser partir les fonctionnaires pour leur sécurité, mais laisse le choix aux patrons en ce qu’il s’agit du secteur privé. On ne peut avoir une politique de deux poids, deux mesures. La sécurité concerne tout le monde. »

De même, il juge « inapproprié » la démarche de Business Mauritius de mettre en place un protocole concernant les pluies torrentielles. « Un protocole n’a aucune force de loi. Rien n’oblige le patron à l’appliquer. S’il décide de garder ses travailleurs en dépit du fait que le protocole dit le contraire, personne ne pourra rien lui faire. »

Atma Shanto rappelle que l’Employment Relations Act (ERiA) fait déjà provisions pour la sécurité des travailleurs en cas de cyclone. Il est ainsi stipulé : « Owing to climatic conditions, power failure, or breakdown in machinery or appliances, work has been stopped after the worker has worked for more than 2 hours; or (b) half a day’s remuneration where owing to climatic conditions, power failure or breakdown in machinery or appliances. »

Le syndicaliste suggère ainsi d’ajouter les pluies torrentielles dans ces dispositions légales afin que la situation soit claire pour tout le monde. « Quand il y a une législation à ce sujet, les employeurs seront contraints de la respecter. » La fédération souhaite une rencontre avec le ministre Callichurn pour discuter de cette affaire. « Le but principal est la sécurité des travailleurs. Or, le protocole ne permettra pas d’atteindre cet objectif », ajoute-t-il.