Convoquant la presse hier après-midi en vue d’apporter un éclairage sur ce qu’il considère être des zones d’ombre que contient le Livre blanc sur la réforme électorale présenté par le Premier ministre, Jacques Panglose, porte-parole du PMSD, a indiqué que le dernier recensement de la population date non pas de 1972 mais de 2011. Le Bureau des Statistiques a publié cette année-là une « Resident population by geographical location and religious group — Population census ». Ce rapport a été publié sur le site internet du Bureau des Statistiques en 2012.
« Cet exercice a été entrepris sans qu’il y ait le moindre amertume et chaque personne qui avait été abordée par un des sondeurs a répondu sans exprimer une quelconque gêne sur sa religion. L’on a tort de mettre en avant la question de recensement pour en finir avec le Best Loser System (BLS) », a dit M. Panglose. Et d’ajouter que puisqu’il faut remettre à jour le recensement de 1972 comme l’a exigé le Comité des Droits de l’Homme comme critère si l’on veut continuer avec le BLS, l’on peut plus aisément amender la Constitution, étant donné, a-t-il rappelé, que dans la First Schedule, il est prévu que tant qu’il n’y a pas de recensement, il faut, pour procéder à la nomination des Best Losers, utiliser celui de 1972. « Dans le cas présent, il n’y a qu’à remplacer 1972 par 2011 », a insisté Jacques Panglose.
Il a souligné que l’exercice de 2011 a indiqué qu’il y avait au total 1 236 817 citoyens de la République de Maurice. Ils sont 499 349 à vivre en milieu urbain et 737 468 en milieu rural, dont 697 034 vivent à l’île Maurice, les autres vivant ailleurs sans doute sur les autres îles du territoire. Ces 1 236 817 sont répartis en diverses religions, comme suit Buddhist/Chinese ; Assemblée de Dieu & Mission, Salut et Guérison ; Church of England ; Roman Catholic ; Other Christian ; Marathi Hind ; Tamil Hindu ; Telegu Hindu ; Vedic & Aryan ; Hindi Hindu & Other Hindu ; Islam & Other Muslim ; et Other & N. Stated.
« L’on ne peut venir uniquement avec l’argument selon lequel un recensement causerait des remous pour en finir avec un système qui a toujours bien marché et qui s’est révélé être un moyen pour instaurer l’Equal Opportunity en faveur des minorités. Par quoi cherche-t-on à le remplacer ? On ne sait pas trop encore. On veut englober les huit éligibles Best Losers dans un système où ils seraient rejoints par d’autres membres nommés on ne sait toujours pas par qui, ni comment » a fait ressortir M. Panglose. Il a fait remarquer que pour « le changer oui, mais que l’on choisisse une meilleure formule que lui ! ».
En ce qui concerne la proportionnelle, le porte-parole du PMSD a observé que Maurice est un des pays où le nombre de députés est très élevé, soit un pour 18 500 citoyens. A titre d’exemple, en Espagne, il y a un député pour 130 000 électeurs et 91 000 électeurs au Royaume-Uni. « Aussi quand on pense que la démocratie doit permettre à l’Assemblée nationale d’être un lieu où l’on représente des idées, dans l’idéal, nous pensons que pour permettre une plus grande représentation le seuil d’éligibilité soit de 5% des voix obtenus » a indiqué Jacques Panglose.
Avant de clore cette conférence de presse, M. Panglose a tenu à préciser que les dirigeants du PMSD comptent convoquer une nouvelle fois la presse avant la date butoir du 5 mai prochain afin de venir avec ses propositions formelles pour la réforme.