La présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, a souligné l’importance des travaux et des analyses des linguistes dans la prise de décision en matière de politique linguistique. C’était la semaine dernière, lors de son intervention au lancement du dernier ouvrage du linguiste Issa Asgarally, Écrits sur les langues, à la nouvelle librairie Pétrusmok, dédiée aux ouvrages mauriciens, à l’hôtel Hennessy Park à Ébène.
Ameenah Gurib-Fakim souligne que l’on a tendance à oublier qu’il existe une bonne douzaine de langues sur le territoire mauricien. « Les grandes langues internationales, le français et l’anglais, sont très valorisées dans notre pays, les langues ancestrales le sont moins ». En observant que les langues maternelles kreol et bhojpuri sont entrées dans l’univers scolaire depuis 2012, elle évoque l’importance des travaux des linguistes. « Tout cela pour dire à quel point les travaux et les analyses des linguistes sont essentiels dans les décisions en matière de politique linguistique ».
La présidente de la République estime que la question de langue est loin d’intéresser seulement les spécialistes et loue ainsi la revue de presse des livres sur les langues du Dr Issa Asgarally publiée toutes les semaines dans un quotidien. C’est une initiation du grand public à la sociolinguistique, dit-elle, en estimant que si l’auteur n’avait pas eu l’idée de réunir dans un seul ouvrage ces chroniques, elles seraient tombées dans l’oubli. Ameenah Gurib-Fakim relève « les efforts incessants » d’Issa Asgarally, « depuis plusieurs décennies à la promotion du livre et de la lecture à Maurice ». Elle se souvient de son passage à deux reprises à la télévision, avec lui, pour parler de ses livres.
La présidente de la République a fait une présentation de l’ouvrage, avec quelques points qui l’ont le plus marquée. En parlant du plurilinguisme du Mauricien et de l’avantage que cela lui confère, selon Issa Asgarally, elle ajoute que « l’on ne réalise pas que nous sommes en avance sur de nombreux pays développés qui en sont au stade de vouloir dispenser à leurs jeunes générations une éducation plurilingue. »
Elle rappelle qu’Issa Asgarally, « en tant que linguiste et surtout comme citoyen responsable de la République, a toujours dit que les langues peuvent agir comme des points de rencontre en les individus et les cultures ». Une déclaration qui mène la présidente à dire que l’auteur, qui a aussi publié L’interculturel ou la guerre, en 2005 et qui est cofondateur de la Fondation pour l’interculturel et la paix avec le prix Nobel de Littérature 2008 Jean-Marie Leclézio, « a toujours su nous mettre en garde contre le danger que représentent les replis identitaires ». « Il me semble que ce qui caractérise Écrits sur les langues, c’est une combinaison inattendue de rigueur scientifique et de présentation vivante et attrayante dans une langue accessible au grand public », affirme la présidente de la République, qui estime que « le livre ne peut qu’enrichir les bibliothèques personnelles et scolaires ».