Alors qu’une demande de révision judiciaire a été faite en Cour suprême et que l’affaire sera entendue le 23 novembre, les travaux préliminaires en marge de la construction du Pelangi Resort, à Pomponette, dont l’ouverture est prévue pour 2020, ont démarré en début de semaine. Une situation qui offusque les constestaires du projet, dont le regroupement Aret Kokin Nou Laplaz (AKNL), qui estiment que le démarrage des travaux est une entrave. D’autant que l’accès à la plage risque, selon eux, d’être interdit aux plagistes. Or, pour le promoteur, suivant son engagement avec les autorités, il est en droit de commencer les travaux, car c’est ce que précise le contrat signé avec le gouvernement. Il affirme que « la plage reste accessible au public pendant et après les constructions ». 
Les contestataires n’en démordent cependant pas. Ils demandent au Premier ministre d’agir et d’annuler immédiatement le lease agreement accordé aux développeurs et de reproclamer la plage de Pomponette plage publique en son intégralité. Et pour alerter l’opinion publique, AKNL organise ce dimanche, à midi sur la plage de Pomponette, une manifestation « Beach Liberation », pour dire « non à l’accaparement des plages ».
En raison du litige autour de ce projet, pour lequel d’ailleurs ils ont demandé une Judicial Review, les membres d’AKNL digèrent mal le début des travaux sur la plage de Pomponette par le promoteur de Pelangi Resort, Clear Ocean Hotel and Resort Ltd. Travaux qui ont démarré lundi dernier avec le démarquage des zones de constructions. S’il n’y a pas de panneau explicatif, des marquages au sol démontrent qu’un mur sera érigé sur la petite route menant à la plage de Pomponette. Il ressort que cette route sera fermée à la circulation le temps des travaux, et par la suite, après la construction de l’hôtel, cet espace deviendra ainsi propriété de l’établissement hôtelier à venir.
« Procédure floue »
Une démarche qui offusque les contestataires du projet qui regrettent l’accaparement de la plage déproclamée en 2016 par le ministère des Terres et du Logement au profit de Clear Ocean Hotel and Resort Ltd. D’ailleurs, dans leur demande de révision judiciaire, les opposants dénoncent « une procédure floue », allant contre l’intérêt du public et violant les directives du National Development Strategy (NDS). Ils déplorent ainsi que le public, suivant cette déproclamation d la plage publique, est privé de 915 mètres de plage.
« Pomponette fait partie du patrimoine national. Tous les Mauriciens ont le droit d’en bénéficier. Elle est aussi une composante importante du charme de la région sud, qui attire les visiteurs par son authenticité et sa beauté naturelle; ce serait une grande perte pour tous », disent les membres d’AKNL et ils insistent sur le fait que ce projet d’hôtel n’a même pas encore obtenu un quelconque permis de construction..
La plate-forme citoyenne demande à Pravind Jugnauth d’annuler immédiatement le lease agreement accordé au promoteur et de reproclamer la plage de Pomponette plage publique dans son intégralité, soit 69, 948m2 avec ses 915m de front de mer. « Le gouvernement est en train de brader notre pays en accordant à ce promoteur un permis en catimini dans le dos des Mauriciens ».
Devant ce qu’ils considèrent comme une situation urgente à Pomponette, les contestataires de Pelangi Hotel invitent les Mauriciens à se joindre à leur mouvement et à dénoncer avec eux l’accaparement des plages à Maurice. Selon AKNL, sur les 322 kilomètres de côtes, les hôtels, villas privées et terrains de golf occupent environ 90 kilomètres, alors que les plages publiques ne représentent que la moitié, soit 45 kilomètres seulement.
D’où la manifestation « Beach Liberation » organisée ce dimanche à partir de midi sur la plage de Pomponette.