Réuni hier après-midi, le Conseil municipal de Port-Louis a avalisé la liste des marchands ambulants qui recevront un étal dans les deux sites de relogement. Mais du côté des colporteurs, la colère ne cesse de s’accroître, notamment à cause des critères d’allocation.
Ils sont unanimes. « Nous ne ferons pas machine arrière. Si la MPL ne revoit pas sa décision, nous manifesterons devant la mairie la semaine prochaine », déclare Hyder Raman, président de la Street Vendors Association (SVA). Le Front Commun des Marchands Ambulants conteste vivement le critère résidentiel pour le deuxième exercice d’Expression of Interest par le conseil sous l’égide du Lord maire Aslam Hossenally.
Le respect de ce critère, une demande du ministère des Administrations régionales, figure dans une notice parvenue à la MPL il y a quelques années. Mais pour les colporteurs, il aurait empêché des colporteurs genuine d’obtenir un étal.
Le Conseil de Port-Louis a donc avalisé hier la liste des personnes bénéficiant d’un étal à la Gare Victoria et la Gare du Nord. Cette liste établie après une enquête des inspecteurs de la municipalité en prenant en considération une liste de critères a été finalisée par un tirage au sort. Ainsi, 1 532 noms ont été retenus pour 963 étals, soit 699 pour les 606 étals disponibles à Decaen (Gare Victoria) et 833 pour les 357 de la Place de l’Immigration (Gare du Nord). Ils travailleront sur un shift system cela « afin de permettre à tous de travailler », affirme Aslam Hossenally. La confirmation de la liste s’est fait en l’absence des conseillers Abbas Mamode, Mohungee, Oozeer, Utimah et Dobah, « afin d’éviter un conflit d’intérêt ».
Les bénéficiaires auront une période moratoire jusqu’en décembre 2013 où elles n’auront pas à payer la taxe municipale. À partir de 2014, elles paieront une location de Rs 500 mensuellement. Dans un premier temps, la MPL leur fera parvenir une lettre d’acceptation en attendant la signature d’un contrat. Un badge temporaire leur sera également remis afin qu’elles puissent travailler dans ces deux sites.
Pour le Lord maire, « c’est un juste retour des choses ». « Dans aucune ville ou village, on ne permet à une foire d’opérer trois jours par semaine. Nous allons au-delà de ça. De plus, chaque commerçant pourra travailler au moins deux samedis sur quatre. C’est une formule idéale ».
Du côté des marchands ambulants c’est un autre son de cloche. Le critère résidentiel, soutient-on, a défavorisé les vrais marchands qui sont sans cesse persécutés par les forces de l’ordre. Hyder Raman déplore la manière de faire de la municipalité et lui demande de revenir sur sa décision. « Au cas contraire, hommes, femmes et enfants descendront dans les rues pour manifester devant la municipalité ». Les membres du Front Commun refusent toute concession. « Nou na pa anvi travay trwa zour. Nou finn touletan travay set zour lor set pa zordi ki sa pou sanze. La communauté des marchands ambulants a dépassé les limites de ce qu’elle peut endurer ». C’est pourquoi elle donne à la mairie un délai de huit jours afin qu’elle revienne sur sa décision. Le FCMA compte également alerter l’Equal Opportunity Commission (EOC) et le Bureau International du Travail (BIT) de cette situation. « Aret servi nou kouma bann marspie », ont lancé des colporteurs présents hier à Port-Louis.
Rappelons que le projet de relogement des marchands ambulants a été proposé par un Comité interministériel présidé par Anil Bachoo, vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques. Celui-ci a identifié deux sites à proximité des gares routières pour accueillir les marchands ambulants, interdits d’opération dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central.