Aujourd’hui jeudi 30 août, le monde célèbre tristement la Journée internationale des personnes disparues. À Maurice, sur les dix dernières années, 139 Mauriciens ont été portés disparus. La dernière en date est Karine Mungra, 30 ans, portée manquante le 15 août. Le cas le plus marquant reste celui du jeune Ackmez Aumeer, neuf ans à l’époque de sa disparition, en 2003.
Vivre dans l’ignorance du sort de proches est la dure réalité que connaissent plus d’une centaine de familles depuis dix ans. Ils vivent avec l’angoisse et l’ignorance de ce qu’il est advenu des leurs. Ce qui ne leur permet pas de tourner la page sur les événements. Le deuil n’est pas permis; l’espoir doit toujours être à l’ordre du jour.
Le phénomène de disparition est une tragédie pour la personne qui disparaît mais aussi pour les familles qui sont dans l’incertitude. Cette souffrance ne s’atténue pas au fil des années. Seule la découverte du corps permet un soulagement des proches.
Mystère
C’est la question que se posent souvent les familles : comment peut-on disparaître dans une île aussi petite que la nôtre ? Pour s’enfuir, il n’y a que les airs et la mer. Fugue, enlèvement, suicide, assassinat : certains cas demeurent un grand mystère. Aucune piste ni aucun élément n’ont permis de retrouver la trace de plus d’une centaine de personnes disparues ces dix dernières années.
Dans son message pour 2012, l’ONU souligne l’importance de retrouver les victimes pour soulager les familles : “Il est impératif de faire face à cette tragédie et d’aider les familles de disparus à faire la lumière sur ce qu’il est advenu de leurs proches. Ne pas savoir si un être cher est mort ou vivant provoque une angoisse indicible, de la colère et un profond sentiment d’injustice, et empêche les proches de faire le deuil et de tourner la page.”
Fuite
Il existe des cas où les disparitions sont volontaires, “pour fuir des ennuis familiaux, des dettes, voire des mariages arrangés”, souligne un officier de la CID. Mais il y a également des cas où le mystère reste entier. “On ne trouve pas de raisons apparentes, dans certains cas de disparition, surtout lorsque la victime est un enfant. Ce pourquoi l’affaire d’Ackmez Aumeer est le cas le plus marquant à Maurice”, poursuit l’officier.
Il arrive que les proches ne collaborent pas avec la police, rendant l’enquête extrêmement difficile, voire impossible à mener, ajoute l’officier de policier. Dans certains cas, les personnes disparues finissent par rentrer au bercail.
Fermeture d’enquête
Auparavant, une enquête de disparition restait ouverte pendant dix ans. Cette durée a été revue à la baisse et l’enquête est désormais close au bout de sept ans, apprend-on au niveau du Police Press Office. Seuls des éléments nouveaux ouvrant sur de nouvelles pistes ou mettant à jour des faits ou indices complémentaires peuvent justifier la prolongation de l’enquête au-delà de sept ans. L’affaire Ackmez Aumeer, par exemple, a été fermée, car aucun nouvel élément n’a été versé dans le dossier. Le mystère reste entier, comme dans nombre de cas de disparition…