La commémoration du 180e anniversaire de l’arrivée des premiers travailleurs engagés Maurice a été riche en événements avec entre autres, la publication et la présentation d’un certain nombre d’ouvrages.
Le 2 novembre, le Premier ministre, Navin Ramgoolam a procédé à la présentation du magazine souvenir de l’Aapravasi Ghat Trust Fund (AGTF), une publication qui se veut un témoignage non seulement du cheminement de travailleurs engagés indiens à Maurice, mais aussi dans d’autres pays et issus d’autres ports de départ. Le magazine parle de la valeur universelle exceptionnelle de ce site classé au patrimoine mondial de l’Unesco et des activités de recherches effectuées par l’AGTF pour le mettre en valeur. Outre ces lieux principaux liés la poignante histoire de l’engagisme, le magazine souligne aussi les autres sites locaux qui y sont liés : le Vagrant Depot, le camp sucrier de Trianon qui fait l’objet d’un projet de conservation, et les stations de quarantaine de l’îlot Gabriel et de l’île Plate. L’année 1856 à l’îlot Gabriel est d’ailleurs considérée comme « un crime contre l’humanité ».
Lundi, à l’occasion de l’ouverture officielle de la conférence internationale sur la « Route de l’Engagisme », la ministre indienne des Affaires étrangères, Sushma Swaraj, a procédé au lancement de Coupeuses d’Azur, de Khal Torabully, un recueil de poésie en hommage aux coupeuses de cannes.
Sushma Swaraj a aussi lancé la dernière publication de Satteeanund et Satyendra Peerthum (père et fils), The struggle of the descendants of indentured labourers in early modern Mauritius (1921-1945). Dans l’avant-propos de cet ouvrage, le président de l’AGTF, Mahen Utchanah, souligne que « the mid-20th century was a crucial period on the history of colonial Mauritius, known as early Modern Mauritius. It was a unique era when the Mauritian workers became aware of their strength and organized themselves around their industrial associations, trade unions and political parties ». Divisé en sept chapitres, le livre traite du début de la lutte jusqu’à la période désignée de « conspiracy of silence », avec la mise en place de la commission Moody pour enquêter sur la tragédie de Belle-Vue Harel, où Anjalay Coopen devait trouver la mort. Une tragédie surnommée d’« Holocauste mauricien ». L’historien Satteeanund Peerthum a d’ailleurs présenté une communication sur cette période de l’histoire de Maurice à l’occasion de la conférence internationale sur l’engagisme qui a eu lieu du 3 au 5 novembre.
Une occasion pour le journaliste, auteur et historien réunionnais Jean-Régis Ramsamy de présenter son livre sur l’engagisme à l’île de La Réunion, avec surtout avec un segment supplémentaire qui, semble-t-il, n’avait pas encore été traité par les historiens concernant « le début de l’intégration », soit durant la période post-engagisme. La Turquoise, l’aventure des Réunionnais d’origine indienne, s’inscrit dans « le prolongement de plusieurs années de recherches universitaires » qui a mené l’auteur à l’obtention d’un doctorat sous la direction du défunt Sudel Fuma, ex-chaire de l’Unesco à l’île de La Réunion.
L’ouvrage de Jean-Régis Ramasamy n’est pas encore disponible à Maurice, mais ceux qui souhaitent se procurer d’une copie peuvent le contacter à l’adresse suivante : jean.regis.ramsamy@wanadoo.fr